Cet article date de plus de deux ans.

JO 2022 : pourquoi l'équipe de France féminine de biathlon peut espérer sa première médaille d'or olympique depuis 2006

Les Bleues comptent sur la qualité impressionnante de leur groupe pour décrocher un troisième titre olympique de l'histoire, le premier depuis Florence Baverel-Robert en 2006.

Article rédigé par Vincent Daheron, franceinfo: sport - De notre envoyé spécial à Zhangjiakou
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
Justine Braisaz-Bouchet, Julia Simon, Anaïs Chevalier-Bouchet et Anaïs Bescond (de gauche à droite) lors du relais victorieux d'Ostersund (Suède), le 5 décembre 2021. (FREDRIK SANDBERG / TT NEWS AGENCY via AFP)

Face aux six titres olympiques décrochés dans l'histoire par le biathlon tricolore masculin, les deux sacres féminins pèsent (presque) peu. Mais les Bleues abordent ces Jeux olympiques de Pékin 2022 en grande forme. Dès l'individuel (15 kilomètres), lundi 7 février, un titre est possible. Lors de ces JO, elles ont toutes les raisons de croire en leurs chances de succéder au relais doré d'Albertville 1992 (Corinne Niogret, Véronique Claudel, Anne Briand) et à Florence Baverel-Robert couronnée sur le sprint à Turin 2006. Franceinfo: sport vous explique pourquoi l'optimisme règne dans le camp tricolore.

Parce que les résultats n'avaient plus été aussi bons depuis longtemps

Les Bleues n'ont jamais obtenu autant de bons résultats avant l'échéance olympique qu'en 2021-2022. Avec 11 podiums et une victoire sur les épreuves individuelles en Coupe du monde depuis le début de la saison, l'équipe de France féminine de biathlon réussit ainsi un très bel exercice.

Les chiffres sont déjà meilleurs que les quatre dernières années alors même que la saison actuelle n'est pas encore terminée. Il restera encore sept courses individuelles après les Jeux olympiques sur trois étapes différentes : Kontiolahti (Finlande), Otepää (Estonie) et Oslo (Norvège), soit autant de chances de podiums supplémentaires pour Anaïs Chevalier-Bouchet, Anaïs Bescond, Justine Braisaz-Bouchet et Julia Simon.

La dernière saison la plus prolifique remonte à 2017 avec 16 podiums et trois victoires au total. Mais avant les Jeux, l'équipe de France ne comptait que neuf podiums. 

"Suite au début de saison des filles sur les courses individuelles ou par équipes, on vient ici avec de belles ambitions, annonçait l'entraîneur des Bleues, Frédéric Jean, au début de la quinzaine. L'objectif sera clairement d'aller chercher les médailles et d'aller chercher un titre, pas pour faire des soixantièmes places."

Parce que le potentiel est énorme

Une statistique assez simple pour comprendre : les quatre titulaires sur ces JO (Chevalier-Bouchet, Braisaz-Bouchet, Bescond et Simon) sont toutes montées sur le podium au moins à deux reprises en Coupe du monde, cette saison. "Clairement, sur les 15 dernières années, c'est notre meilleure équipe", affirme le directeur des équipes de France, Stéphane Bouthiaux.

Les biathlètes françaises Julia Simon (à gauche) et Justine Braisaz-Bouchet (au centre) lors de l'individuel d'Antholz-Anterselva, le 21 janvier 2022. (MARCO BERTORELLO / AFP)

Aucune des athlètes ne se dégage dans le groupe et cela ressemble fortement à un avantage : en cas de défaillance de l'une d'entre elles, les autres peuvent prendre le relais pour espérer l'emporter. "On a une équipe très forte. On a toutes nos chances sur chaque course et ce n'était pas le cas sur les Jeux olympiques auxquels j'ai participé", poursuit Anaïs Chevalier-Bouchet, qui est montée sur trois podiums depuis novembre 2021 et qui attaque ses troisièmes Jeux olympiques.

Elles sont toutes les quatre dans le top 12 du classement général de la Coupe du monde. Justine Braisaz-Bouchet est la mieux classée, septième, grâce notamment à sa victoire sur l'individuel d'Antholz-Anterselva... devant Julia Simon. La biathlète des Saisies est d'ailleurs la meilleure skieuse du circuit mais pêche encore derrière la carabine (76,7% au tir). "J'espère que le ski restera mon point fort sur cette quinzaine en Chine mais le biathlon se joue autant au ski que sur le tir", prévient Braisaz-Bouchet.

Parce que l'air des JO revigore Anaïs Bescond

La biathlète Anaïs Bescond à l'entraînement sur le site olympique de Zhangjiakou (Chine), le 3 février 2022. (JEWEL SAMAD / AFP)

En 2018, Anais Bescond était repartie avec trois médailles autour du cou : le bronze sur la poursuite et le relais femmes, puis l'or sur le relais mixte. Quatre ans plus tard, à 34 ans, la native du Calvados a retrouvé le chemin du podium après une saison précédente compliquée. Elle a terminé deuxième à deux reprises (Ostersund et Annecy-Le Grand-Bornand) et aborde ces Jeux avec confiance. 

"Il y a sans doute un effet JO ou alors un effet post-JO qui me plombe pendant trois ans, souriait-elle en visioconférence de presse, jeudi. Mes années JO sont souvent meilleures que les autres." Sur une piste qu'elle dit apprécier après les premiers entraînements, Anaïs Bescond aura à cœur de défendre sa médaille de bronze sur la poursuite, le 13 février. D'autant plus que "Nannass" n'a guère apprécié sa non-sélection dans le relais mixte, samedi, alors qu'elle avait été de l'équipe titrée en 2018.

Parce que le relais féminin cartonne

Pour l'heure, elles sont les meilleures. Le relais de l'équipe de France féminine figure en effet en tête du classement de la Coupe du monde. En quatre épreuves, les Tricolores n'ont jamais quitté le podium et comptent même deux victoires.

Lors de leurs deux succès à Ostersund (Suède) et Ruhpolding (Allemagne), elles s'étaient d'ailleurs imposées avec une marge assez conséquente. La plus grande chance de titre olympique pour les Bleues réside donc dans ce relais. Réponse le 16 février, mais on ne boudera pas notre plaisir si une médaille d'or arrive un peu plus tôt.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.