"On joue et on oublie le reste" : l'équipe de France de rugby-fauteuil veut briller aux Jeux paralympiques

Le rugby-fauteuil est l'une des disciplines des Jeux paralympiques de Tokyo, qui débutent le 24 août prochain. L'équipe de France vise le podium.

Article rédigé par
Margaux Queffélec - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min.
L'équipe de France de rugby-fauteuil lors de son dernier entraînement avant les Jeux paralympiques de Tokyo. (MARGAUX QUEFFELEC / RADIO FRANCE)

Sur le parquet ciré du gymnase de l'Institut national du sport à Paris, le bal gracieux des roues des fauteuils est rapidement interrompu par les collisions entre les joueurs, pour empêcher l'équipe adverse de marquer. Les derniers entraînements de l'équipe de France de rugby-fauteuil ont eu lieu il y a quelques jours, alors que les premiers athlètes tricolores des Jeux paralympiques arrivent à Tokyo lundi 16 août. Ils seront 138 à représenter la France dans une vingtaine de disciplines à compter du 24 août.

"On n'a qu'une hâte, c'est de se retrouver sur le terrain, d'entendre l'hymne et puis d'y aller à fond et de casser du fauteuil", confie Mathieu, qui pratique le rugby-fauteuil depuis douze ans. Inventé dans les années 1980 par des joueurs de hockey devenus tétraplégiques, le rugby-fauteuil a été spécialement pensé pour convenir à des personnes atteintes des quatre membres à différents degrés. Avec, par exemple, le choix d'une balle ronde, plus facile à attraper.

"Dès qu'on se met dans le fauteuil de sport et qu'on joue, on n'a plus l'impression d'être handicapé."

Mathieu, membre de l'équipe de France de rugby-fauteuil

à franceinfo

C’est la raison pour laquelle la pratique a séduit Mathieu : "On fait notre sport qui est unique, on joue et on oublie le reste, donc c'est vraiment génial." Le rugby-fauteuil se joue sur un terrain de basket, mais on y mixe aussi les règles du rugby, du handball, du hockey et du foot américain.

Les actions sont intenses : le fauteuil de Christophe vient d'être renversé : "Tous ces contacts, cette intensité physique, cette agressivité, c'est ce qu'on recherche, comme dans le rugby valide, ou d'autres sports américains qui sont ultra engagés, ultra physiques." Ce sport hybride reste avant tout du rugby, selon Cédric. "Sur le terrain on est des adversaires, mais en dehors on va se donner des conseils sur comment s'équiper, quoi faire", explique le joueur. "Il y a aussi la troisième mi-temps, on va boire un coup quand il y a des victoires. C'est toute cette ambiance qui me plaît, une ambiance familiale."

"Tout est possible"

Depuis un an et demi, les athlètes s'entraînent une semaine par mois. Cette année, l'entraîneur Olivier Cusin veut viser haut pour ces Jeux paralympiques : "L'ambition est d'aller le plus loin possible. Cela va être très difficile, ne serait-ce qu'une médaille, ce serait déjà fantastique. Aujourd'hui on est sixième au classement mondial, donc on n'est pas du tout dans les favoris, mais on se donne la possibilité d'être un bon petit outsider. Tout est possible !"

Les Jeux de Tokyo n’ont pas encore commencé que certains pensent déjà aux Jeux de Paris, en 2024. L'équipe française de rugby-fauteuil pourrait se démarquer grâce à sa moyenne d'âge, plus basse que celles de ses concurrents.

L'équipe de France de rugby-fauteuil veut briller aux Jeux paralympiques de Tokyo - le reportage de Margaux Queffélec
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