Italie-Espagne, un choc devenu un classique de l'Euro

L'Italie affronte l'Espagne mardi soir en demi-finale. Les deux équipes se sont déjà rencontrées lors des trois derniers Euros.

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France Télévisions
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L'Espagne face à l'Italie lors de l'Euro 2016, le 27 juin au stade de France (MIGUEL MEDINA / AFP)

Après plusieurs années à faire leur introspection et analyser les raisons de leurs récents échecs dans les grandes compétitions internationales, l'Espagne et l'Italie ont l'occasion mardi 6 juillet d'obtenir un billet pour la finale de l'Euro 2021. Comme lors des trois derniers championnats d'Europe de football, la Roja et la Squadra Azzurra voient leurs destins se croiser. Et comme en 2016, les deux sélections sont en manque de repères à ce niveau de la compétition.

Euro 2016 : l'Italie gagne le duel des équipes meurtries

Lorsque démarre l'Euro 2016, ni l'Espagne, ni l'Italie n'abordent la compétition avec confiance. Et pour cause : la Roja et la Nazionale ont connu deux ans plus tôt une Coupe du monde douloureuse. Au Brésil, les deux sélections ont été éliminées dès la phase de groupes. Côté italien, Cesare Prandelli a cédé sa place à Antonio Conte, qui redonne une âme à son équipe, malgré un creux générationnel.

L'Italie n'a pas le onze le plus spectaculaire de l'Euro qui se déroule en France, mais le groupe forgé par Conte tient la route. En huitièmes de finale, la Squadra Azzurra écarte l'Espagne au stade de France grâce à des buts de Giorgio Chiellini et Graziano Pellè (2-0). Survolté lors du match, Conte s'exprime après la rencontre : "Mes joueurs ont quelque chose hors du commun. Je l'avais dit avant et on l'a démontré. Vous avez vu, ce n'est pas que le catenaccio."

L'équipe de Conte ne résistera cependant pas à l'Allemagne en quart de finale (1-1, 5-6 t.a.b.). Côté espagnol, cette défaite face à l'Italie sonne le glas de Vicente Del Bosque. Après huit années passées comme sélectionneur de la Roja, celui qui avait déjà connu une déconvenue en 2014 au Brésil avait décidé de passer le flambeau avant la compétition. Quatre ans plus tôt, il avait remporté l'Euro face à l'Italie, permettant à l'Espagne d'asseoir sa domination sur le football européen.

Antonio Conte lors du huitième de finale de l'Euro 2016, le 27 juin au stade de France à Paris (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Euro 2012 : l'Espagne en démonstration

À quelques heures d'aborder la finale de l'Euro 2012 qui se doit se dérouler dans le stade olympique de Kiev, la rencontre entre l'Espagne et l'Italie s'annonce serrée. Les deux derniers champions du monde à l'époque vont s'affronter pour la deuxième fois - fait rare - en quelques semaines dans la compétition : la Roja et la Nazionale se sont quittées sur un match nul (1-1) lors du début de la phase de groupes.

Del Bosque se montre alors méfiant : "Dans cette compétition, nous avons presque eu le même parcours. Au sein du même groupe, nous faisons match nul. Ensuite, l'Italie gagne son quart de finale aux tirs au but et nous la demie. Et notre style est aussi semblable." Pourtant, la finale tourne largement à l'avantage des Espagnols, plus dangereux, incisifs et réalistes.

"Super" Mario Balotelli, auteur d'un grand tournoi, ne peut rien faire. La mobylette Jordi Alba, révélation de l'Euro, inscrit le deuxième but de son équipe qui s'impose largement (4-0). "L'Espagne a été trop supérieure à nous, l'amertume d'avoir perdu est donc plus relative. Lorsque tu affrontes une force invulnérable, il est plus facile d'accepter de perdre", admettait alors Gianluigi Buffon.

Présent en conférence de presse d'avant-match lundi après-midi, Leonardo Bonucci est revenu sur cette finale de 2012, alors qu'il évoluait déjà en défense centrale : "La finale de Kiev laisse un goût amer, parce qu'on n'avait pas d'énergie et peu d'idées." En 2008, le défenseur de la Juventus Turin n'était pas encore présent.

Jordi Alba marque sous les yeux de Leonardo Bonucci et Gianluigi Buffon, lors de la finale de l'Euro 2012, le 1er juillet à Kiev (JEFF PACHOUD / AFP)

Euro 2008 : l'Espagne prend la relève de l'Italie championne du monde

Quatre ans plus tôt, c'est une passation de pouvoir qui se déroulait en quart de finale de l'Euro 2008, à Vienne. L'Italie championne du monde se présente face à la Roja après un premier tour difficile dans le groupe des Pays-Bas et de la France. Emmenée par Buffon, la Nazionale n'a pas rassuré et s'est lourdement inclinée lors de son premier match dans la compétition face aux Néerlandais (0-3).

Face à elle se dresse l'Espagne en quart, séduisante lors de la première phase du tournoi et qui n'a plus remporté la moindre compétition internationale depuis 1964. La rencontre aboutit sur un match ennuyeux qui se termine aux tirs au but. Luis Aragonés, sélectionneur de la Roja, explique alors ce scénario : "Cela tient tout simplement à l'équipe que nous avions en face de nous. L'Italie possède sans doute l'une des meilleures défenses du monde et il est toujours très difficile de la prendre à revers."

Lors de la séance de tirs au but, Iker Casillas forge sa légende en arrêtant les tentatives de Daniele De Rossi et d'Antonio Di Natale. "Le groupe méritait de gagner ce soir, que ce soit dans le temps réglementaire ou aux tirs au but", se félicite Aragonés, qui présente son approche pour affronter la Russie en demi-finale de la compétition : "Oui j'ai un plan. Celui de jouer notre football sans se préoccuper des qualités de l'adversaire." Un credo qui permettra à l'Espagne de remporter deux Euros et une Coupe du monde.

Les joueurs de l'Espagne célèbrent leur qualification face à l'Italie en quart de finale de l'Euro 2008, le 22 juin à Vienne (VINCENZO PINTO / AFP)

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