Les parents d'élèves ont libéré le personnel de l'école séquestré

La directrice, les institutrices et les agents administratifs détenus depuis mardi soir dans une école de Berre-l'Etang ont été libérés. Une quinzaine de parents les retenaient depuis mardi soir pour obtenir le renvoi d'un professeur stagiaire, qu'ils jugent dangereux pour leurs enfants.

Un gendarme devant l\'école Notre-Dame-de-Caderot à Berre-l\'Etang (Bouches-du-Rhône), le 7 décembre 2011.
Un gendarme devant l'école Notre-Dame-de-Caderot à Berre-l'Etang (Bouches-du-Rhône), le 7 décembre 2011. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

La prise d'otages de l'école Notre-Dame-de-Caderot à Berre-l'Etang (Bouches-du-Rhône) a pris fin. Mercredi 7 décembre, à la mi-journée, les parents d'élèves ont libéré la directrice, deux institutrices et deux agents administratifs qu'ils retenaient depuis mardi soir. Ils réclamaient le renvoi du professeur de leurs enfants. 

Bénédicte Marcon, la porte-parole des parents, a expliqué qu'ils avaient reçu un communiqué du diocèse les informant de l'arrivée d'un suppléant jusqu'à la fin de l'année scolaire. Une information confirmée par l'inspection académique: "Il y aura un remplacement de cet enseignant à partir de demain, il est retiré de l'école." L'enseignant en question sera reçu par l'inspection dans la journée. 

Le diocèse s'est également dit "choqué de la dimension prise" par l'affaire. "Qu'ils occupent l'établissement s'ils veulent, mais qu'ils séquestrent des gens, c'est inadmissible", a estimé Jean-Marc Vincenti, en charge de l'enseignement au diocèse. Face à "ce mode d'action disproportionné", il se réserve le droit de poursuivre les parents en justice.

"Nous pensons que nos enfants sont en danger"

La prise d'otages a débuté peu avant 23 heures mardi. "Nous sommes très inquiets par rapport à l'avancée du programme de CM1 et nous pensons que nos enfants sont en danger, a alors expliqué Christophe Planes, l'un de ces parents. La situation est incontrôlable, ça hurle dans la classe, les enfants pleurent tous les jours, un élève ne veut plus aller à l'école, ils sont touchés psychologiquement."

La directrice séquestrée a reconnu qu'il y avait des problèmes et que les parents n'étaient "pas entendus par les autorités académiques". De son côté, le rectorat a indiqué que le cas de ce professeur, "un stagiaire", est "connu et suivi par l'inspection académique".

Luc Chatel s'étonne d'une méthode "curieuse" et "particulière"

FTVi / FRANCE INTER

Sur France Inter, le ministre de l'Education nationale Luc Chatel a qualifié de "curieuse" et "particulière" l'action des parents. Rappelant le statut de stagiaire de l'enseignant, il a estimé qu'il fallait que "les parents acceptent (...) qu'on n'a pas la science infuse quand on démarre dans la vie professionnelle". Il a également souligné que l'école était un établissement privé sous contrat, et qu'il appartenait à "la direction diocésaine" de répondre au problème.