Trois fois où l'émission "Touche pas à mon poste" de Cyril Hanouna a été sanctionnée par le CSA

L'émission phare de C8, présentée par Cyril Hanouna, a été condamnée, mercredi, à une amende de 3 millions d'euros pour la diffusion d'un canular homophobe. Ce n'est pas la première fois que ce programme polémique est ciblé par le CSA.  

L\'animateur de C8, Cyril Hanouna, sort de sa convocation au secrétariat d\'Etat de l\'égalité entre les hommes et les femmes, le 31 mai 2017.
L'animateur de C8, Cyril Hanouna, sort de sa convocation au secrétariat d'Etat de l'égalité entre les hommes et les femmes, le 31 mai 2017. (MAXPPP)

L'histoire se répète et les sanctions s'aggravent. Mercredi 26 juillet, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a infligé à la chaîne C8, appartenant au groupe Canal+, une amende de 3 millions d'euros pour la diffusion d'un canular homophobe dans l'émission "Touche Pas à Mon Poste" (TPMP) de Cyril Hanouna. Une décision aussitôt contestée par la chaîne. 

Cette sanction n'est pourtant pas une première. Cela fait plusieurs mois que "TPMP" est dans le collimateur du CSA. En cause : des séquences jugées sexistes, dégradantes ou homophobes. Franceinfo revient sur ces sanctions, considérées comme injustes par la communauté des fans de l'animateur. 

Une amende de trois millions d'euros pour un canular homophobe

La séquence polémique. Le "canular" a provoqué l'indignation de très nombreux téléspectateurs. Le 18 mai, Cyril Hanouna piège des homosexuels en postant une fausse annonce sur un site de rencontres, où il se fait passer pour un jeune homme en quête de partenaire. "Bonjour, je me présente, Jean-José, 1,85 m, très sportif et super bien monté", écrit l'animateur. 

En composant le numéro indiqué sur le site, son interlocuteur atterrissait, sans le savoir, sur le plateau de "TPMP", où il était accueilli par la voix efféminée de l'animateur. Au milieu des rires étouffés des chroniqueurs présents, Cyril Hanouna cherchait à ridiculiser son interlocuteur devant plus d'un million de téléspectateurs.

La sanction. "L'animateur a, tout au long de cette séquence, eu recours à de nombreux clichés et attitudes stéréotypées sur les personnes homosexuelles. Le CSA a estimé qu'en diffusant cette séquence, la société C8 a gravement méconnu le principe de respect de la vie privée ainsi que son obligation de lutter contre les discriminations", explique le régulateur dans un communiqué. La chaîne est condamnée à une amende de trois millions d'euros. Le CSA précise également qu'il a reçu à ce jour "près de 47 000 plaintes concernant ce programme", pour cette séquence et d'autres épisodes qui avaient déclenché de vives réactions.

La réaction de C8 et de Cyril Hanouna. Dans un communiqué, C8 a réagi en dénonçant une sanction au "caractère disproportionné", "inéquitable et discriminatoire" et relevant, selon elle, d'un "acharnement" du CSA. Elle a prévenu qu'elle allait "bien entendu" faire appel de cette décision. De son côté, Cyril Hanouna a réagi sur son compte twitter, ne retenant que le retour de son émission à la rentrée. 

Pas de publicité pendant une semaine pour "une blague" visant un chroniqueur

La séquence. Une autre séquence, diffusée le 3 novembre 2016, concerne cette fois un chroniqueur de Cyril Hanouna, considéré comme le bouc émissaire de l'émission. Elle montre des images tournées en caméra cachée, au cours desquelles Matthieu Delormeau est été victime d'un "gag" organisé par Cyril Hanouna. Pendant de longues minutes, le chroniqueur croit qu'il vient d'assister à un meurtre, celui de l'agent de Tom Cruise. Après plusieurs rebondissements, Cyril Hanouna veut lui faire porter le chapeau. Et quand l'animateur lui révèle, le lendemain en plateau, qu'il s'agit d'une "blague", Matthieu Delormeau ne semble pas soulager pour autant. Le chroniqueur met du temps à réagir, toujours sous le choc de l'accident dont il a cru être témoin. 

La sanctionLe chroniqueur, "présenté comme témoin d'une agression mortelle commise par l'animateur", est "sommé de s'accuser du crime", décrit le CSA dans sa décision du 8 juin. Il ne sera informé de la manipulation que le lendemain, "ce qui l'a placé dans une situation de détresse (...) manifeste pendant toute la durée de l'émission", estime encore le régulateur. La séquence vaut à l'émission une semaine de suspension de publicité pour manque "de retenue dans la diffusion d'images susceptibles d'humilier les personnes".

La réaction de C8. Par communiqué, la chaîne dit avoir pris connaissance "avec stupéfaction" de la sanction du CSA, dont elle dénonce le caractère "disproportionné et inéquitable". C8 parle même d'un "acharnement" du régulateur de l'audiovisuel à l'égard de son programme phare.  

La suspension de la publicité pendant deux semaines pour une séquence déplacée 

La séquence. Dans une autre séquence, diffusée le 7 décembre 2016, Cyril Hanouna propose à l'une des chroniqueuses de "TPMP", Capucine Anav, de fermer les yeux et de poser ses mains sur lui, pour deviner de quelle partie du corps il s'agit, jusqu'à ce qu'elle pose ses mains sur son sexe.  Assise à côté d'elle, la chroniqueuse Isabelle Morini-Bosc l'interroge : "Il t'a mis la main sur son sexe ?" "Oui, comme d'hab", lui rétorque, blasée, Capucine Anav. 

La sanction. Dans sa décision du 8 juin, le CSA "a considéré que cette scène méconnaissait les dispositions de la loi du 30 septembre 1986 qui lui donnent la responsabilité de lutter contre les stéréotypes, les préjugés sexistes, les images dégradantes et les violences faites aux femmes, en particulier dans les émissions ayant un impact important sur le jeune public."  La sanction est sans appel : deux semaines de privation de publicité.

La réaction de Cyril Hanouna. En parallèle de la réaction de C8, Cyril Hanouna n'a pas manqué lui aussi de critiquer la sanction du CSA. "Cette sanction, c'est n'importe quoi !", a-t-il déclaré, se disant "choqué" de la décision du régulateur de l'audiovisuel. Cyril Hanouna et ses chroniqueurs ont également dénoncé un "acharnement" du Conseil contre leur émission, précise Le Parisien. L'animateur a enfin réagi, comme à son habitude, sur Twitter. 

Quelques jours plus tard, Le Canard enchaîné révèle que le président du conseil de surveillance de Vivendi réclame, par le biais de sa chaîne C8, 13 millions d’euros d’indemnités en compensation des sanctions prononcées par le CSA.