"Les Précieuses ridicules" prennent un sacré coup de jeune au Théâtre du Vieux-Colombier

L'année Molière se poursuit à la Comédie Française. 400 ans après sa naissance, le dramaturge reste d'une étonnante modernité. La preuve, cette version rajeunie et musicale des "Précieuses ridicules", jusqu'au 8 mai au Théâtre du Vieux-Colombier à Paris.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Cathos (Claire de La Rüe du Can) et Magdelon (Séphora Pondi) tiennent salon.  (Vincent Pontet)

363 ans après, elles n'ont pas pris une ride. Jouées pour la première fois à l'automne 1659, Les Précieuses ridicules reviennent à la Comédie Française dans une version rajeunie, loufoque et baroque, dans laquelle la musique prend toute sa place. Un exercice de style signé Stéphane Varupenne et Sébastien Pouderoux.

FTR

Les salons bourgeois du 17e siècle ont fait place à un petit appartement défraichi. Dans leur salon un peu miteux, Magdelon (Séphora Pondi) et Cathos (Claire de La Rüe du Can), deux cousines en quête de maris, veulent avoir l'air, mais n'ont pas l'air du tout. Au milieu des boites à chaussures de grandes marques vides et des oeuvres pseudo abstraites, les jeunes femmes s'inventent une vie dans laquelle elles s'imaginent en papesses du bon goût. "À ce décorum d’une vie sublime, mais factice, s’ajoute une velléité d’être artiste, explique Stéphane Varupenne. On pense bien sûr aux chorégraphies TikTok que les jeunes gens imitent, mais aussi à l'offre pléthorique de tutos sur les réseaux sociaux". 

Molière version electro-pop

Cette starification de la société propre à notre époque trouve un écho dans le texte de Molière qui moquait en son temps les Précieuses, ces mondaines qui donnaient le ton dans le Tout-Paris. Aujourd'hui, ce désir d'être connu et reconnu passe souvent par la musique, un phénomène exacerbé par les télé-crochets et les réseaux sociaux. Une tendance que les metteurs en scène ont choisi de traduire par des séquences musicales. Pas une virgule ne change par rapport au texte d'origine, mais les vers sont chantés. Molière version électro-pop, une liberté créative que revendique Sébastien Pouderoux : "Il y a quelque chose d'immédiat avec la musique qui est forcément différent du texte. Le texte ça passe par la langue, par la compréhension, ça passe par l'intellect". 

Sur scène, deux batteuses rock (Lola Frichet et Edith Seguier) jouent tour à tour le rôle de Marotte, la servante. Leurs percussions donnent le tempo à la pièce. Un tempo allegro, résolument moderne et qui fait souffler un air de jeunesse sur l'oeuvre de Molière : "Les Précieuses ridicules je ne l'avais jamais lu", confirme Edith Seguier, "j'aurais bien apprécié avoir cette introduction à Molière quand j'étais au collège !". Un spectacle tous publics donc et qui affiche déjà complet !

Les Précieuses ridicules de Molière, mise en scène Stéphane Varupenne et Sébastien Pouderoux, au Théâtre du Vieux-Colombier, Paris 6e jusqu'au 8 mai 2022.

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