"J'arrive !" Aurélien Kairo danse Jacques Brel en hip-hop

Ce sont deux univers que l’on n’associerait pas d’emblée. Et pourtant. "J’arrive !", le solo chorégraphique créé et interprété par Aurélien Kairo marie avec force et poésie, le hip-hop à l’œuvre de Jacques Brel. A travers quelques-unes des chansons les plus connues de l’artiste, le danseur offre une interprétation incroyable qui a enthousiasmé le public du festival toulousain "Détours de chant".

Entre mime et hip-hop, Aurélien Kairo rend un vibrant hommage à l\'oeuvre de Jacques Brel.
Entre mime et hip-hop, Aurélien Kairo rend un vibrant hommage à l'oeuvre de Jacques Brel.
Reportage : V. Albinet  / E. Coorevits / P. Barguisseau / A. Ruppert / P. Level
Sur scène, un homme attend Madeleine, une rose à la main. Mais ceux qui connaissent la chanson de Jacques Brel le savent : elle ne viendra pas ! De l’attente fébrile au doute et finalement au désespoir… Aurélien Kairo passe par toutes ces émotions, chantées en son temps par le grand artiste belge.

L'énergie de Brel sur scène

L’énergie est la même. Car Brel était une bête de scène et cette force incroyable qu’il mettait dans chacune de ses interprétations, est la même que celle qui anime le danseur. "Il livrait plus que sa voix mais son corps entier sur scène", explique le chorégraphe. "Il y a pour moi quelque chose de similaire avec le hip-hop, où là aussi on transpire, on est généreux".
Et c’est vrai que dans son interprétation des plus grandes chansons de Brel, Aurélien Kairo n’y va pas à l’économie. Dans une débauche incroyable d’énergie, il incarne les textes du poète belge. A mi-chemin entre le mime et la danse, "J’arrive !" est un spectacle à part.

Un regard moderne sur la culture populaire

Imaginée en 2007 avec la compagnie lyonnaise De-Fakto, la création - qui continue à tourner partout dans le monde - pose sur la culture populaire un regard résolument moderne via le prisme du hip-hop. Une démarche originale qui est devenue la signature d’Aurélien Kairo.
Formé au hip-hop par le groupe de Vénissieux "Traction avant", le danseur a ensuite évolué dans les compagnies les plus prestigieuses auprès des plus grands chorégraphes: le Béjart Ballet de Lausanne, Mourad Merzouki, Marie-Claude Pietragalla…

Une expérience qu’il a mise au service d’une créativité dont les racines se plongent dans la culture populaire ou littéraire. De "La niña de la casa Azul" dédiée à Frieda Kahlo à "Un petit pas de deux sur ses pas", hommage à Bourvil en passant par deux créations ("N, l’étoile dansante" et "Corpus" ) directement inspirées de l’œuvre de Nietzsche, Aurélien Kairo danse ce qu’il aime. Pour le plus grand bonheur du public.