Une "atmosphère de travail toxique" à l'origine du départ de l'actrice Ruth Wilson de "The Affair", la série dont elle était l'héroïne

Après avoir quitté la série en 2018, l'actrice britannique avait indiqué ne pas pouvoir révéler la raison de son départ, invitant seulement les journalistes à enquêter sur les conditions sur le tournage. 

L\'actrice Ruth Wilson (à gauche), son partenaire à l\'écran dans \"The Affair\", Dominic West et Sarah Treem, scénariste principale, le 12 octobre 2015, à New York. 
L'actrice Ruth Wilson (à gauche), son partenaire à l'écran dans "The Affair", Dominic West et Sarah Treem, scénariste principale, le 12 octobre 2015, à New York.  (NICHOLAS HUNT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Des scènes de nudité trop nombreuses et injustifiées, des pressions pour se dévêtir devant la caméra, pas d'intimité lors du tournage de ces scènes... Dans une enquête publiée mercredi 18 décembre, The Hollywood Reporter (lien en anglais) publie les témoignages de plusieurs personnes faisant état d'un "environnement très toxique" sur le tournage, aux Etats-Unis, de la série "The Affair", diffusée sur Showtime (et Canal + en France). 

Cette enquête fait suite au départ précipité, en 2018, de l'héroïne de la série, l'actrice britannique Ruth Wilson. Au moment des faits, elle avait assuré qu'elle n'était pas autorisée à dévoiler les raisons de son départ, invitant les journalistes à enquêter sur les conditions de tournage, dénonçant juste "un environnement de travail hostile", rapporte le magazine spécialisé. Il ajoute notamment que l'actrice avait signé un accord de confidentialité l'empêchant de commenter les faits dénoncés. 

Des pressions pour tourner des scènes dénudées 

L'article du Hollywood Reporter met en lumière les relations conflictuelles entre l'actrice et la scénariste en chef de la série, Sarah Treem. "J'ai vu de manière répétée Sarah Treem tenter de convaincre les acteurs de se mettre nus, même quand ces derniers étaient mal à l'aise et que leur contrat ne les y obligeait pas", a témoigné une source proche de la production. Selon cette personne, elle répétait à l'actrice des arguments tels que "tout le monde t'attend", ou tentait de la flatter en lui disant "tu es magnifique". "C'est le genre de chose qu'on s'attendrait à entendre de la bouche d'un homme dans les années 1950."

Ces accusations ont été démenties par Sarah Treem. Citée par le magazine, cette dernière assure que "l'idée même que j'ai pu cultiver un environnement de travail non sécurisant ou que j'ai pu harceler une femme est proprement ridicule et sans fondement".

D'autres sources assurent par ailleurs que les conditions posaient problème, citant par exemple des écrans de contrôle allumé permettant à des personnes non impliquées dans la production d'observer des scènes de sexe. Ruth Wilson avait notamment refusé, dès la saison  2, de tourner une scène de viol. L'actrice qui jouait son double a quant à elle accepté de jouer la scène. Plus tard, elle a attaqué la chaîne en justice, accusant un assistant du réalisateur d'avoir tenu des propos sexistes à son égard.