"Les gens ont envie de culture" : Stéphane Bern assure "qu'il fallait" maintenir les Journées du patrimoine malgré le coronavirus

Quelque 13 000 sites ouvriront au public en France lors de cette 37e édition malgré les conditions sanitaires liées à l'épidémie de Covid-19. Dans les parcs, les musées, les châteaux, il y a de la place pour rester à distance, plaide le défenseur du patrimoine.

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Radio France
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Stéphane Bern, chargé de Mission Patrimoine en péril, le 20 septembre 2019. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Les Journées européennes du patrimoine se tiendront le week-end du 19-20 septembre mais avec des jauges limitées en raison de l'épidémie de coronavirus. La fête attire chaque année quelque 12 millions de Français. Quelque 13 000 sites avec 20 000 animations ouvriront au public en France lors de cette 37e édition qui a pour thème "Patrimoine et éducation : apprendre pour la vie !". Une édition un peu réduite car certaines villes ont préféré annulé par prudence. "On peut facilement rester les uns à l'écart des autres tout en découvrant ce qui fait les trésors de notre patrimoine", a plaidé sur franceinfo Stéphane Bern, chargé de Mission Patrimoine en péril.

franceinfo : Fallait-il absolument maintenir ces journées ?

Stéphane Bern : Oui, il le fallait. 52% de notre patrimoine est dans des communes de moins de 2 000 habitants. On peut sortir des villes pour aller découvrir le patrimoine de proximité et là il y a des trésors, de joyaux à découvrir. D'après les indicateurs qu'on a, les gens ont envie de culture, cela serait une véritable défaite si on arrêtait de sortir. Il suffit de prendre des mesures de distanciation et de respecter les règles sanitaires. Les parcs et jardin permettent d'être distancié, dans les musées aussi il y a de la place, dans les châteaux aussi. Donc, je crois qu'on peut beaucoup plus facilement que quand on fait ses courses, rester les uns à l'écart des autres tout en découvrant ce qui fait les trésors de notre patrimoine.

Vous êtes l'un des initiateurs du Loto du patrimoine. Vous serez ce matin à l'Hôtel de Polignac, dans le Gers, qui a été restauré grâce à ce Loto. Est-ce une manière de montrer que l'argent est bien utilisé ?

Oui, les deux précédentes années nous étions avec le chef de l'État et son épouse dans des monuments emblématiques de l'année en cours du Loto du Patrimoine. Cette année nous avons souhaité aller montrer aux Français ce qu'on avait fait de l'argent du Loto. Avec cet argent nous avons pu restaurer cette école qui est dans l'Hôtel de Polignac, c'est une école primaire. Au cœur de ces journées du patrimoine il y a la transmission, comment faire aimer le patrimoine aux plus jeunes générations. Donc, oui, c'est important de montrer ce qu'on a fait de l'argent du Loto du patrimoine. Dans beaucoup de cas, on a vu que c'est ce qui permet de boucler le plan de financement avec les départements, les régions, les communautés de commune.

En deux ans, on a récolté 90 millions d'euros : il y a eu 22 + 25 millions d'euros des gains du Loto et j'ai obtenu la compensation des taxes. Au total, 180 monuments sauvés, restaurés. Il y a cinq tirages cette année, ce sont les Français qu'il faut remercier. 

Stéphane Bern, chargé de Mission Patrimoine en péril

à franceinfo

Emmanuel Macron a-t-il acheté des billets ?

Oui, oui, je l'oblige. J'ai obligé tout le monde. On a décidé de faire une halte pour acheter tous des billets de grattage. Il faut qu'on montre l'exemple. S'il gagne, il faut qu'il rende l'argent au Loto du Patrimoine. Moi-même chaque fois que je gagne je réinvestis tout dans l'achat de billets.

Dans le cadre du plan de relance, 600 millions d'euros vont servir à rénover des monuments, mais uniquement des monuments classés. Le regrettez-vous ?

Ça ne sert à rien de le regretter, c'est un fait. Quand c'est de l'argent qui vient de la poche de l'État, c'est-à-dire la nôtre cela ne peut aller que vers des monuments qui sont protégés, inscrits ou classés. Cela va m'obliger à retenir un peu moins de monuments classés dans le Loto du Patrimoine et à abonder davantage en faveur du petit patrimoine. On travaille sur tout ce qui n'est pas protégé, ce patrimoine vernaculaire, ce sont des fermes, des lavoirs, des fontaines. Cette année, il y a beaucoup de moulins, de tuileries, d'anciennes chaudronneries, de cuivreries que je vais aider.

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