Le "fauteuil de trône" de Napoléon 1er vendu aux enchères est-il une copie ?

Dimanche 7 avril sera vendu aux enchères à Fontainebleau un "fauteuil-trône" ayant appartenu à Napoléon 1er. Une question se pose : le meuble est-il authentique ou s'agit-il, comme le soutiennent des experts anglais, d'une copie de la fin du 19e siècle ? Vendu l'an dernier chez Christie's, il était parti pour un peu plus de 6000 euros, une misère si l'objet a bien appartenu à l'Empereur.

Le fauteuil trône de Napoléon 1er vendu à Fontainebleau
Le fauteuil trône de Napoléon 1er vendu à Fontainebleau (S Pichavant France 3 Culturebox)
Un trône sur lequel Napoléon 1er aurait posé son impérial postérieur vendu pour l'équivalent de quatre Smic. C'est ce qui est arrivé l'année dernière chez Christie's ! Alors pour les spécialistes qui pourraient acquérir le même objet, mis aux enchères cette fois chez Osenat à Fontebleau dimanche prochain, la clé de ce mystère ne fait pas de doute : le fauteuil en question est un faux, une copie effectivement réalisée au 19e, mais à la fin du siècle, donc absolument pas contemporain de Napoléon.

Ce n'est même pas une bonne copie, c'est une très mauvaise copie. Cela se voit sur les photos en haute définition .../... Il n'y a pas l'ombre d'un doute.Bruno Ledoux

Et ce collectionneur s'y connait, il a déjà acquis un trône du même type. Pour un million d'euros ! Les photos de l'objet montrent en outre trop de différences entre le trône vendu dimanche et celui adjugé chez Christie's.

Nous certifions que ce fauteuil est tout à fait d'époque Empire. Nous certifions aussi qu'il a subi des restaurations. Elles sont très détaillées dans les sept pages de ce catalogue. Nous le présentons pour ce qu'il est. Ni plus, ni moins.

Jean-Pierre Osenat
Maison de vente Osenat

Reportage : C Azzopardi / S Pichavant / C. Brunet / D. Wolfromm / B Girodon / MP Degorce / D. Attal

La polémique oppose donc les acheteurs potentiels, collectionneurs au regard avisé et à l'analyse argumentée, à la maison d'adjudications. Les enchères débuteront à 60 000 euros, cher pour un faux mais donné pour une pièce authentique.