La mairie PS d'Issoudun va rouvrir son musée samedi, sans attendre "l'expérimentation" demandée par les grandes villes

Après Perpignan, le maire (PS) d'Issoudun, en Indre, a annoncé vendredi la réouverture de son musée dès samedi 13 février, sans attendre "l'expérimentation" demandée par les grandes villes pour la reprise des activités des lieux culturels.

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France Télévisions Rédaction Culture
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La salle des expositions temporaires du musée de l'hospice Saint Roch à Issoudun, le 30 septembre 2016, durant une expo d'Édouard Pignon (Jean Bernard / Leemage  via AFP)

Il y a quelques jours, le maire RN de Perpignan avait annoncé la réouverture de quatre musées, passant outre les restrictions sanitaires imposées au secteur culturel face à la pandémie de coronavirus. Vendredi 12 février, c'est au tour du maire PS d'Issoudun d'annoncer la réouverture de son musée dès samedi 13, sans attendre "l'expérimentation" demandée par les grandes villes pour la reprise des activités des lieux culturels.

"Les musées sont des lieux de culture essentiels (...), des lieux où le risque de contamination est le plus faible (...), où on ne mange pas, ne boit pas, ne fume pas, où l'on est invité à ne pas toucher", a fait valoir André Laignel, maire d'Issoudun et vice-président de l'Association des maires de France (AMF), cité dans un communiqué. "Leur fermeture permanente et totale est devenue manifestement disproportionnée."

Une réouverture seulement partielle du site

Le maire a annoncé la réouverture du Musée de l'Hospice Saint-Roch à partir de samedi à 10H00, malgré l'interdiction gouvernementale pour lutter contre la propagation du coronavirus. Les "galeries contemporaines" du musée seront à nouveau accessibles au public avec "une fréquentation simultanée fixée à 30 m2 par personne, c'est-à-dire trois fois ce qui est exigé actuellement dans les lieux autorisés", a-t-il expliqué. En revanche, les salles anciennes, "plus étroites et imbriquées, resteront dans un premier temps fermées".

Cette décision se produit trois jours après la réouverture mardi de quatre musées de Perpignan par le maire RN Louis Alliot, malgré une saisine de la justice et le maintien de tous les musées du pays fermés en raison de l'épidémie de Covid-19.

Pour sa part, l'association France Urbaine, qui regroupe les grandes villes et les métropoles de France, a demandé une réouverture à titre "expérimental" des lieux culturels comme les musées, les cinémas et les théâtres. Les collectivités locales "se joignent à la demande des professionnels de la culture d'étudier les conditions d'une réouverture progressive des équipements culturels, au premier rang desquels les musées, les théâtres et les cinémas", a expliqué dans un communiqué l'association.

Une phase d'expérimentation réclamée

"Ces réouvertures pourront être établies dans le cadre d'un premier volet expérimental en fonction des équipements culturels et des paramètres sanitaires territoriaux", a précisé France Urbaine qui plaide pour une "approche territorialisée" et "progressive". "Dans cette logique de réouverture des équipements culturels, les collectivités locales sont prêtes à se mobiliser pour trouver, en concertation avec l'État, les adaptations nécessaires", a ajouté France Urbaine.

Interrogée mercredi sur la réouverture des musées, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot a réaffirmé sur France 2 qu'il "est encore trop tôt pour fixer une date précise". Réagissant à la réouverture des musées de Perpignan, la ministre a désapprouvé ce qui est contraire au "respect du principe républicain. C'est tout de même curieux que le maire ne respecte pas les lois de la République et ne s'applique pas les règles à lui-même", a-t-elle observé.

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