Reportage Notre-Dame de Paris : dans une ferronnerie du Calvados qui participe à la restauration de la croix du chevet

Près de 1 000 heures de travail ont été nécessaires à sa restauration, dans l'atelier Fer Art Forge, qui emploie cinq salariés. Si la croix a été sauvée, la plupart de ses ornements en plomb ont fondu lors de l’incendie, ils ont donc été restitués.
Article rédigé par Anne Chépeau - édité par franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 3 min
L'atelier Fer Art Forge a utilisé des techniques traditionnelles pour la restauration. (ANNE CHEPEAU / RADIO FRANCE)

Dans sept mois, la cathédrale Notre-Dame rouvrira au public. Alors que les couvreurs sont à l’œuvre depuis plusieurs semaines sur les toits, le travail de restauration se poursuit également en dehors du site, dans une ferronnerie d’art du Calvados qui a redonné vie à la croix du chevet.


Elle se dresse du haut de ses 13 mètres dans la cour de la ferronnerie Fer Art Forge, une petite entreprise de cinq salariés installée à Saint-Aubin-des-Bois : la croix du chevet tombée sur les voûtes du chœur est une survivante de l’incendie du 15 avril 2019. Alexandre Gury, qui préside Fer Art Forge, se souvient de son arrivée à l’atelier. "La croix du chevet de Notre-Dame est arrivée dans notre atelier, pliée, tordue, complètement recroquevillée sur elle-même."

"Imaginez un plat de spaghettis où tout est entrelacé, chaque pâte est mise l'une dans l'autre. Vous avez exactement ce qu'on avait sur le pied de croix."

Alexandre Gury, président de l'atelier

à franceinfo

Près de 1 000 heures de travail ont été nécessaires à sa restauration, quatre personnes à temps plein pendant près de neuf mois. Il a fallu démonter chacun des fers qui la composent pour pouvoir les redresser. Si la croix a été sauvée, la plupart de ses ornements en plomb ont fondu lors de l’incendie. Ils ont donc été restitués pour redonner toute sa beauté à cette création de Viollet-le-Duc. Vincent Combe, chef de projet pour l’entreprise UTB, chargée de la couverture du chœur.

"C'est une croix du XIXe, qui est composée de tout un assemblage de fers qui viennent parfaitement épouser la charpente, et rejoignent une tête de croix très ornée avec des décors floraux, des feuilles en plomb et un très beau dragon en plomb qui vient se mordre la queue qui tourne tout autour de la croix."

La croix du chevet de Notre-Dame dans la cour de l'atelier Fer Art Forge, qui l'a restaurée. (ANNE CHEPEAU / RADIO FRANCE)

Seul élément de la couverture du chœur à avoir survécu à l’incendie, la croix est un symbole pour Philippe Villeneuve, architecte en chef des monuments historiques chargé de la restauration de Notre-Dame. "C'est un élément très symbolique parce que c'est le dernier qu'on va placer sur la cathédrale pour lui redonner sa silhouette, explique-t-il. Cette croix participe grandement à l'image de la cathédrale quand on voit ce chevet tellement gracieux qui se termine par cette croix gigantesque."

"Et ce qu'il y a de plus symbolique encore, c'est que c'est la vraie croix de Viollet-le-Duc, ce n'est pas une restitution."

Philippe Villeneuve, architecte en chef des monuments historiques

à franceinfo

Il reste une dernière étape de restauration, la dorure, avant la repose de la croix sur le chevet de Notre-Dame, un des moments clés de la reconstruction très attendu par Florent Boutroy, un des ferronniers qui a participé à sa restauration. "On attend avec impatience de la voir sur la cathédrale. C'est un honneur d'avoir pu travailler sur cette pièce. D'ailleurs, quand j'ai appris qu'elle allait arriver à l'atelier, j'ai dit au patron : 'Même si c'est juste un coup de marteau, je veux mettre un coup de marteau, pour la symbolique'". La repose de la croix du chevet est prévue dans la deuxième quinzaine du mois de mai.

Notre-Dame de Paris : dans une ferronnerie du Calvados qui participe à la restauration de la croix du chevet. Reportage d'Anne Chépeau.

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