"Nous avons une épée de Damoclès" : 6 mois après l'incendie de Notre-Dame, des parents s'inquiètent d'une contamination au plomb

L'incendie de Notre-Dame le 15 avril a fait fondre plusieurs centaines de tonnes de plomb se trouvant dans la charpente de la célèbre cathédrale parisienne.

La cathédrale Notre-Dame de Paris, le 4 septembre 2019.
La cathédrale Notre-Dame de Paris, le 4 septembre 2019. (JULIETTE AVICE / HANS LUCAS / AFP)

"Sans danger immédiat, oui, mais après ?" Six mois après l'incendie de Notre-Dame, de nombreux habitants qui vivent dans le centre de Paris continuent de s'inquiéter d'une contamination au plomb de leurs enfants et dénoncent "l'indifférence" des autorités. L'incendie de Notre-Dame, le 15 avril, a fait fondre plusieurs centaines de tonnes de plomb se trouvant dans la charpente de la cathédrale, faisant craindre que les poussières de ce métal toxique se soient propagées aux alentours.

"Nous avons une épée de Damoclès au-dessus de la tête : nous avons exposé nos enfants au plomb pendant des mois sans savoir les conséquences", s'alarme Olivier, 46 ans, père de deux enfants, à la tribune d'une récente réunion publique. Habitant dans le 5e arrondissement, à 800 mètres de Notre-Dame, il a fait procéder à des analyses qui ont fait apparaître un taux de 0,35 microgrammes (µg) par m3 de plomb dans son logement, supérieur au seuil réglementaire (0,25 µg/m3).

Ce père, qui monte un collectif de parents dans le 5e arrondissement, dénonce "l'incurie de la mairie de Paris". Pour lui, il y a une "attention délibérée d'opacité et d'indifférence des autorités" car "aucune consigne n'a été donnée depuis l'incendie". "On nous renvoie toujours à la même page internet", regrette-t-il. Florence, 31 ans et mère de deux enfants dans le 7e arrondissement, trouve aussi "déplorable" qu'il n'y ait "aucun principe de précaution".

Un "Plan d'action plomb"

Du côté de la mairie, on assure "communiquer depuis le début" et avoir mis en place un "Plan d'action plomb" en septembre. Durant tout l'été, la municipalité a "réalisé des analyses de plomb, suivis d'opérations de nettoyage, selon les recommandations du ministère de la Santé" et les résultats "sont publiés sur le site". En septembre, les autorités de la région parisienne avaient conclu à l'absence de "signal d'alerte" sanitaire après le dépistage de 750 enfants.

Mais pour les parents, ce n'est pas assez. "Quelles mesures ont été prises, à part nous dire qu'il faut laver le sol et se déchausser en rentrant chez soi ?" se demande Aurélie, 37 ans, architecte d'intérieur et mère d'un garçon de 4 ans dans le 1er arrondissement. "C'est une grande inconnue". Comme Aurélie, Alessandro, père d'un enfant de 3 ans scolarisé à l'école Saint-Benoît dans le 6e arrondissement, fermée pendant l'été pour des travaux de décontamination, se sent "démuni et dans le flou total".