Incendie de Notre-Dame : un risque d'intoxication au plomb dans neuf écoles et crèches situées près de la cathédrale

Après avoir passé sous silence ces taux de concentration "parfois dix fois supérieurs au seuil d’alerte", selon Mediapart, la mairie de Paris a annoncé un "nettoyage approfondi" en juillet dans les écoles de la zone.

Le site de Notre-Dame et la zone alentour sont pollués au plomb, provenant notamment de la flèche et de la toiture incendiées.
Le site de Notre-Dame et la zone alentour sont pollués au plomb, provenant notamment de la flèche et de la toiture incendiées. (MAXPPP)

La mairie de Paris a-t-elle dissimulé une contamination au plomb dans les écoles à proximité de Notre-Dame ? Trois mois après l'incendie survenu à la cathédrale, des taux de concentration largement supérieurs à la normale ont été relevés dans des crèches, les maternelles et les écoles autour du bâtiment, révèle Mediapart jeudi 18 juillet.

Ces résultats "accablants" ont été obtenus après une série de prélèvements réalisés par la mairie de Paris le 13 mai, "soit près d’un mois après l’incendie", dans dix établissements à moins de 500 mètres de la cathédrale. "Sur dix sites, neuf ont des taux de concentration au plomb nécessitant une intervention rapide de décontamination", indique le site d'information. Dans l'école privée Sainte-Catherine, le taux de concentration de plomb est ainsi "près de dix fois le seuil d’alerte de 70 μg/m2" tandis que dans la maternelle de la rue Sommerard, "six classes sont contaminées". 

Or, s'il est ingéré par les enfants, le plomb cause une maladie grave, le saturnisme, qui provoque entre autres des lésions neurologiques irréversibles. Interrogée par Mediapart, Annie Thébaud-Mony, spécialiste des questions de santé publique et directrice de recherche honoraire à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qualifie le "mensonge" de la mairie de Paris de "criminel".

"Aucun problème", selon la mairie de Paris 

Les premiers résultats sur les mesures de plomb effectuées dans les établissements n'ont pas déclenché de fermeture ni même de "communicaton de la part de la mairie sur les mesures d'hygiène à adopter", relève le media d'investigation. Les "résultats ont été remis aux chefs d'établissement en leur signalant qu'il n'y avait aucun problème".

"La mairie nous a dit que les prélèvements n’avaient pas montré de concentration en plomb anormale. D’ailleurs elle a communiqué dans ce sens", témoigne l'un des chefs d'établissement concernés par cette contamination. 

Devant les résultats divulgués par Mediapart, la mairie de Paris a d'abord reconnu "quelques taux au-dessus des seuils autorisés" avant d'admettre que l’information donnée aux chefs d’établissement n’avait pas été "suffisamment précise" et qu'"aucune campagne de grand nettoyage n’avait été décidée".

Un "nettoyage approfondi" en juillet

La responsable Santé de la mairie de Paris a cependant indiqué que des "nettoyages humides étaient déjà mis en place lorsque les prélèvements ont été faits" et que la mairie profiterait des vacances scolaires pour réaliser "un nettoyage de l’ensemble des établissements" et "des mesures de contrôle avant la rentrée".

Jeudi, le premier adjoint de la maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a soutenu qu'"aucun risque pour la santé" n'existait pour les écoles à proximité de Notre-Dame. "S'il y avait le moindre risque, non seulement les écoles n'auraient pas rouvert mais ne rouvriraient pas à la rentrée", a ajouté l'adjoint d'Anne Hidalgo lors d'une conférence de presse. La mairie avait confirmé un peu plus tôt qu'un "nettoyage approfondi" de ces écoles serait réalisé d'ici à la fin juillet, une mesure annuelle sans lien avec l'incendie, selon Emmanuel Grégoire.