Notre-Dame de Paris : le chantier du plus grand orgue de France a démarré

Des équipes spécialisées ont réalisé la dépose de la console de 500 kg. Place désormais au démontage de 8 000 tuyaux, dans le cadre d'un chantier de trois ans.

Le grand orgue de la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 17 juillet 2019.
Le grand orgue de la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 17 juillet 2019. (STEPHANE DE SAKUTIN / POOL / AFP)

C'est la première étape d'un chantier de plus de trois ans pour redonner voix à Notre-Dame de Paris. La console du grand orgue symphonique a été précautionneusement chargée sur une palette, lundi 3 août, avant d'être descendue au sol, treize mètres plus bas.

Sa dépose n'est que le démarrage de ce "chantier dans le chantier", qui doit s'achever à temps pour que soit célébré en musique un Te Deum dans la cathédrale le 16 avril 2024, dans le délai de cinq ans après l'incendie voulu par le président Emmanuel Macron.

La console est un poste de pilotage de taille modeste par rapport à l'ensemble, mais il est crucial. Il est composé de cinq claviers pour les mains, un clavier pour les pieds et 115 jeux. Cette phase de dépose, "très délicate", a été "une source de grand stress", a commenté Christian Lutz, technicien-conseil auprès des monuments historiques, mandaté pour la maîtrise d'oeuvre, tout comme Mario d'Amico, facteur d'orgue et chef de chantier de l'Atelier spécialisé Quoirin.

Trois ans pour ressusciter l'orgue

Le majestueux orgue de Notre-Dame, le plus grand de France, a résonné dans sa nef depuis 1733. Il a été épargné par le feu lors du grand incendie du 15 avril 2019 mais il a été couvert de poussière de plomb et a souffert des canicules. Si la restauration ne pose pas de problème technique insurmontable, elle est rendue complexe par les contraintes du chantier beaucoup plus vaste dans lequel elle s'insère.

Le gros du travail sera de "démonter chacun des 8 000 tuyaux des 115 jeux de l'instrument" pour les nettoyer, souligne le général Jean-Louis Georgelin, président de l'Etablissement public chargé de la restauration de Notre-Dame. Cette phase démarrera le 24 août, grâce à un échafaudage spécial déjà monté en juillet pour atteindre tous les tuyaux. Certains font dix mètres de haut, tandis que d'autres sont de la taille d'un stylo. Il y a quelques pièces gothiques, les autres datant des XVIIe, XVIIIe, XIXe, XXe et XXIe siècles.

Le chantier, pour lequel plusieurs sociétés se passeront le relais, est prévu jusqu'en avril 2024. Au programme ? Décontamination approfondie au plomb, restauration de certains éléments, remontage sur site, et, dans les six derniers mois, les opérations les plus délicates (harmonisation, accordage), qui devraient se faire dans le silence, si possible de nuit.