Paris inaugurera un "musée-mémorial du terrorisme" d'ici 2027

Situé à Paris intra-muros ou dans le Grand Paris, le lieu aura pour vocation de mettre en lumière la capacité de "résilience et de résistance" de la France face aux attentats.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Des roses posées contre la plaque commémorative de l'attentat qui a frappé le Bataclan le 13 novembre 2015, le 13 novembre 2018 à Paris. La mémoire de toutes les victimes des attentats depuis 1974 sera honorée dans le futur musée. (CHEN YICHEN / XINHUA / MaxPPP)

Le premier musée-mémorial du terrorisme, qui devrait être inauguré en 2027 au plus tard, mettra en avant la capacité de "résilience et de résistance" de la France face aux actes terroristes qui l'ont frappée ces dernières décennies, a appris mardi 3 mars l'AFP auprès du responsable du projet, l'historien Henry Rousso.

"Nous concevons le mémorial et le musée ensemble, donc comme un lieu qui a cette double vocation, de lier la fonction de transmission et d'hommage, de tenir ensemble fonction d'émotion et réflexion", explique l'historien, choisi en 2019 par le Premier ministre de l'époque Édouard Philippe pour mener le projet.

La mise en chantier de ce projet inédit en France avait été annoncée par le président Emmanuel Macron en septembre 2018. Un groupement d'intérêt public (GIP) notamment composé de François Molins, l'ancien procureur de Paris au moment des attentats du Bataclan, de Françoise Rudetzki, fondatrice de SOS Attentats ou encore Patrick Pelloux, urgentiste et ancien collaborateur de Charlie Hebdo s'est réuni pour la première fois vendredi 26 février.

Le projet couvrira l'ensemble des victimes et attentats depuis 1974

La localisation précise du site doit être arrêtée d'ici 2022. Mais "il sera nécessairement situé à Paris ou dans le Grand Paris" et ne sera pas lié à un attentat en particulier, a indiqué à l'AFP Henry Rousso. Le projet français, couvrira l'ensemble des victimes et des actes de terroristes depuis 1974, date de l'attentat du Drugstore Publicis jusqu'à nos jours. "Il y sera aussi bien question des attentats anarchistes, nationalistes, tiers-mondistes indépendantistes, politiques que des récents attentats jihadistes", détaille Henry Rousso.

La partie musée du site présentera "le phénomène du terrorisme en permettant de le penser, de le comprendre pour éviter l'effet de sidération que provoque à chaque fois un attentat", explique Henry. Rousso, qui le veut malgré la lourdeur du thème "comme un lieu ouvert sur le monde contemporain". Le musée accordera aussi une place importante aux victimes, aux survivants, aux blessés physiques et psychiques, aux primo-intervenants ainsi qu'aux aidants de première ligne.

Quelle place pour les terroristes ? Une question en "cours de réflexion"

La délicate question de la place à accorder dans la conception des expositions aux auteurs des attentats est en "cours de réflexion", avec l'idée "d'exclure toute forme d'héroïsation", assure Henry Rousso. La partie "mémorial" permettra "l'inscription exhaustive" des noms de toutes les victimes françaises du terrorisme, mortes sur le territoire national et à l'étranger. Il existe à travers le monde moins d'une dizaine de musées-mémoriaux dédiés à des attentats, dont celui d'Oklahoma City (attentat de 1995) ou encore à Oslo (tuerie d'Utoya en 2011) et ceux à New York dédiés aux attaques du 11 septembre 2001.

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