Macron célèbre les 150 ans de la République : "Le discours est beau", mais "en décalage" avec la "réalité quotidienne", selon Stéphane Troussel

L'élu socialiste, président de Seine-Saint-Denis, pointe combien la crise sanitaire a de nouveau mis en exergue les inégalités sociales criantes dans son département et que le discours du chef de l'État ne propose rien de concret pour y remédier. Pire, il pourrait diviser et stigmatiser encore plus ses habitants.

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Radio France
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Emmanuel Macron a prononcé un discours pour célébrer les 150 ans de la troisième République au Panthéon, le 4 septembre 2020. (JULIEN DE ROSA / POOL)

"Le discours est beau", mais "en décalage" avec la "réalité quotidienne" des concitoyens, estime vendredi 4 septembre sur franceinfo Stéphane Troussel, président du département de Seine-Saint-Denis, secrétaire national du Parti socialiste. Il réagit au discours prononcé par Emmanuel Macron au Panthéon pour célébrer les 150 ans de la République. Une République "fragile et précaire", selon le chef de l’État, qui est "toujours à protéger".

>> Regardez l'intégralité du discours d'Emmanuel Macron en replay. 

"Faire vivre la République au quotidien, ça ne peut pas être que se référer au triptyque sur le fronton de nos écoles et mairies [Liberté, Égalité, Fraternité] ou à l'occasion de grands discours furent-ils rassembleurs devant le Panthéon", relève Stéphane Troussel. "Il faut des actes au quotidien. Et je ne vois pas dans ce discours beaucoup d'annonces précises, concrètes". "Ce qui fait la singularité de la République, y compris par rapport à toutes les autres Républiques, c’est effectivement, la République sociale, la République jusqu'au bout. C’est cette passion française pour l'égalité. Je suis un élu de la Seine-Saint-Denis. Il y a un an, il y a son Premier ministre (Édouard Philippe) qui est venu annoncer un plan de rattrapage, un plan pour un État plus fort en Seine-Saint-Denis. Or, qu'est-ce qui a changé ?, interroge Stéphane Troussel. Nous sortons de cette crise sanitaire qui a révélé à quel point les inégalités sociales de santé étaient grandes".

Quelles sont les annonces aujourd'hui faites par le président de la République pour faire qu’un habitant de la Seine-Saint-Denis ait les mêmes possibilités d'accéder aux soins, ait les mêmes chances à l'école et les mêmes possibilités, qu’il dispose du même nombre de policiers par habitant que sur les autres territoires du pays ?

Stéphane Troussel, président du département de Seine-Saint-Denis

à franceinfo

"Bien évidemment qu’il faut dire que la République n'admet aucune aventure séparatiste", reconnaît le secrétaire national du Parti socialiste. Mais Stéphane Troussel a appelé à "faire attention en pointant du doigt un certain nombre de personnes qui sont minoritaires", des "extrémistes", des "fanatiques", à ne pas "diviser" ou "stigmatiser" encore un peu plus nos concitoyens. À la question de savoir si cette lutte contre le séparatisme et le communautarisme est une réalité sociale ou une stratégie politique pour le chef de l'État, Stéphane Troussel répond que "ça ne peut pas être des slogans, mais des actes au quotidien". "La République a besoin d'unité, de cohésion et surtout d'effectivité. On ne peut pas faire de grands discours incantatoires et que dans la réalité quotidienne vécue par nos concitoyens, il y ait trop d'écart entre le discours et la réalité", avertit l'élu socialiste. 

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