Les États-Unis commémorent le 400e anniversaire du débarquement des premiers esclaves africains

Les États-Unis d'Amérique commémorent dimanche le 400e anniversaire du débarquement des premiers esclaves venus d'Afrique. 

Les descendants de William Tucker se retrouvent 400 ans plus tard, au cimetière William Tucker de Hampton, (Virginie).
Les descendants de William Tucker se retrouvent 400 ans plus tard, au cimetière William Tucker de Hampton, (Virginie). (GREGORY PHILIPPS / RADIO FRANCE)

Il y a 400 ans débarquaient sur le sol américain les tout premiers esclaves venus d’Afrique. Une vingtaine d’hommes et de femmes originaires de ce qui est aujourd’hui l’Angola, amenés de force dans ce qui n’était encore qu’une colonie britannique. Le débarquement de ces 20 personnes sur la côte Est allait ouvrir la voie à 246 années d’esclavage, et changer le visage de l’Amérique.

Reportage de Gregory Philipps
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Des commémorations auront lieu dimanche à Fort Monroe, dans l’État de Virginie, où a eu lieu le débarquement, le 25 août 1619. À cette époque, l'endroit s'appelait Point Comfort. "On ne veut pas en parler comme d’une arrivée", explique Glenn Oder, le directeur de Fort Monroe. "Je pense que pour la première fois, on doit dire la vérité. Ces gens-là ont été enlevés de chez eux, tragiquement, sans rien avoir à dire. Donc plutôt que parler d’arrivée, je préfère évoquer leur débarquement", affirme-t-il.

Fort Monroe, en Virginie, à l’endroit où le White Lion a débarqué le 25 août 1619.
Fort Monroe, en Virginie, à l’endroit où le White Lion a débarqué le 25 août 1619. (GREGORY PHILIPPS / RADIO FRANCE)

"Cette histoire leur appartient"

À une dizaine de kilomètres est situé le plus ancien cimetière afro-américain du pays, à Hampton. À l’entrée, une tombe en marbre gris sur laquelle il est écrit : "Ici repose la première famille noire d’Amérique". Autour, de petites croix blanches anonymes sont visibles afin de se souvenir de ces hommes et de ces femmes débarqués ce jour d’août 1619 et amenés de force depuis le royaume de Ndondo, aujourd’hui l’Angola.

Une cinquantaine de personnes s'y sont réunies pour commémorer leur ancêtre William Tucker, né en 1624, soit cinq ans après le débarquement du navire White Lion sur ces côtes de l’actuelle Virginie. Felicia Tucker est l’une de ses descendants : "William Tucker était l’enfant d’Antonio et Isabella, qui se trouvaient sur ce navire, le White Lion, et nous sommes liés directement à cet enfant, le premier afro-américain à être né sur ces terres. Il faut que les jeunes générations sachent que cette histoire leur appartient."

C’est important qu’ils comprennent le pouvoir de nos ancêtres et comment ils se sont battus et ont persévéré.Felicia Tuckerà franceinfo

À 15 heures, dimanche 25 août, les cloches sonneront dans tout le pays pour marquer ce 400e anniversaire. Pour l’historien Bill Wiggins, il est urgent de se souvenir : "Cet événement a laissé des traces encore présentes. Nous devons nous souvenir de la dette que nous devons à ces individus emmenés de force jusqu’ici et qui malgré cela sont restés loyaux à ce qui allait devenir les États-Unis d’Amérique." Quatre siècles après ce 25 août 1619, les afro-américains sont 45 millions aux États-Unis, et beaucoup sont des descendants d’esclaves.

Dans le cimetière afro américain de Hampton (Virginie), les descendants de William Tucker dont les parents esclaves (originaires d\'Angola) ont été débarqués de force ici, se retrouvent 400 ans plus tard.
Dans le cimetière afro américain de Hampton (Virginie), les descendants de William Tucker dont les parents esclaves (originaires d'Angola) ont été débarqués de force ici, se retrouvent 400 ans plus tard. (GREGORY PHILIPPS / RADIO FRANCE)