"Esclavagiste" : un buste et une statue du général de Gaulle vandalisés dans le Nord et en Seine-Saint-Denis

Sur Twitter, Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, a dénoncé une dégradation "scandaleuse", découverte à trois jours des 80 ans de l'appel du 18 juin.

Un buste de Charles de Gaulle, en septembre 2019, place du Général-de-Gaulle, à Hautmont (Nord).
Un buste de Charles de Gaulle, en septembre 2019, place du Général-de-Gaulle, à Hautmont (Nord). (GOOGLE STREET VIEW)

Un buste de Charles de Gaulle a été vandalisé à Hautmont (Nord), selon le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand. L'élu Les Républicains a publié, lundi 15 juin, sur Twitter, deux photographies de cette dégradation "scandaleuse" : l'une, prise de face, montre le visage du général maculé de peinture jaune ; l'autre, de dos, révèle l'inscription "Esclavagiste" tracée en lettres capitales rouges.

Cette dégradation commise sur la place du Général-de-Gaulle, dans cette commune de 15 000 habitants, s'inscrit dans un contexte de déboulonnages de statues de personnages historiques aux Etats-Unis et en Europe, notamment au Royaume-Uni et en Italie. Un débat mémoriel portant notamment sur le racisme, l'esclavagisme et la colonisation a été relancé après des jours de mobilisation en réaction à la mort de George Floyd aux Etats-Unis le 25 mai.

Une autre dégradation en Seine-Saint-Denis

Dans la nuit de vendredi à samedi, une autre statue du général de Gaulle a été couverte de peinture jaune aux Pavillons-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). "Je ne sais pas si c'est en lien avec les manifestations en cours dans le pays et le déboulonnage de statues que l'on voit un peu partout dans le monde, ou si c'est simplement le geste d'un imbécile, mais dans tous les cas, ce n'est pas acceptable", a réagi la maire LR Katia Coppi dans Le Parisien.

En France, "la République ne déboulonnera pas de statue", a prévenu Emmanuel Macron dans son allocution télévisée, dimanche soir. Dans une tribune publiée samedi dans Le Monde, l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait proposé de débaptiser deux salles de l'Assemblée nationale et de Bercy portant le nom de Colbert, "l'auteur du Code noir". Des collectifs antiracistes réclamaient aussi le retrait de certaines statues, mais pas celles de Charles de Gaulle.