Combattants africains de la Seconde Guerre mondiale : le ministère des Armées publie un livret pour "aider" les maires à rebaptiser des rues

Et si des maires veulent honorer un "héros d’Afrique" ne figurant pas dans le livret, des recherches pourront être faites "au cas par cas", précise la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq.

Geneviève Darrieussecq, secrétaire d\'État auprès de la ministre des Armées, le 15 janvier 2020.
Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées, le 15 janvier 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Le ministère des Armées dévoile mercredi 1er juillet un livret intitulé "Aux combattants d’Afrique, la patrie reconnaissante", destiné à tous les maires de France, afin de les inciter à rebaptiser des rues ou des places pour honorer ces "héros d’Afrique" qui ont combattu pour libérer la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Invitée de France Inter, la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq, a expliqué que "l’idée était de faciliter la réflexion des maires en leur donnant les données de biographies d'une centaine de combattants d'Afrique afin qu'ils puissent contextualiser, savoir où ces combattants se sont retrouvés en France, savoir aussi de quels pays ils venaient et de faire le lien avec leur territoire".

Geneviève Darrieussecq a toutefois précisé que ce livret était loin d’être "exhaustif" : "Il y a beaucoup d'autres combattants venus d'Afrique puisqu'ils étaient, par exemple, pour la libération de Provence plus de 400 000 à venir d'Afrique subsaharienne et d'Afrique du Nord. Cette recherche pourra donc être faite au cas par cas si un maire est intéressé par un combattant qui n'est pas dans ce livret. Nous l'aiderons bien sûr, à sa demande, à faire des recherches biographiques plus importantes sur ce combattant. Donc, c'est un soutien aux maires", a-t-elle résumé.

"Nos espaces publics sont de véritables possibilités de pédagogie"

À l’heure actuelle, seules "quelques dizaines" de rues en France portent le nom de combattants africains, ce qui est "trop peu", selon la secrétaire d’État, qui considère "nos espaces publics" comme "de véritables possibilités de pédagogie". Ces "héros d’Afrique" ont également "une place totalement insuffisante" dans les livres d’histoire, a-t-elle ajouté.

Je veux quand même redire que le Débarquement de Provence, par exemple, en 1944, a été un élément clé de la libération en France. Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Arméesà franceinfo

"Il y a eu bien sûr le Débarquement de Normandie avec nos alliés, mais si le Débarquement de Provence n'avait pas eu lieu, et si cette poussée du Sud vers le Nord et ensuite la jonction des deux armées ne s’étaient pas faites de cette façon, peut-être que la victoire aurait été différente, poursuit la secrétaire d'État. Donc, ce sont des acteurs importants de la liberté de notre pays et de la restauration des valeurs de notre République", a souligné Geneviève Darrieussecq.

Une première place rendant hommage à cinq soldats de l'armée d'Afrique ayant débarqué en Provence en 1944 a été inaugurée en janvier dernier à Bandol (Var).

"On ne refait pas l'histoire"

Interrogée sur le débat autour des statues de personnalités controversées, la secrétaire d’État a répondu qu’il ne fallait "pas déboulonner" mais "construire". "Au contraire, il faut enrichir les choses et expliquer, faire une véritable pédagogie urbaine, faire en sorte que dans nos rues et nos espaces publics, on puisse raconter l'histoire (...) On peut la juger quelquefois détestable, mais on ne refait pas l'histoire", a-t-elle expliqué.