400 ans de Jean de La Fontaine : comment ses fables ont été interprétées à travers les siècles

Les illustrations des fables de Jean de La Fontaine racontent comment le poète a été perçu au fil des époques. 

Article rédigé par
Camille Belsoeur - franceinfo Culture
France Télévisions Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Une peinture réalisée par le graffeur Florent Berthuit, qui s'est inspiré d'une fable de La Fontaine.  (FRANCEINFO)

C'est un anniversaire qui nous transporte dans le temps. Ce 8 juillet 2021, on célèbre les 400 ans de la naissance de Jean de La Fontaine. Connu pour ses fables et ses contes, il est un monument de la culture française. Mais le fabuliste, dont les oeuvres sont aujourd'hui enseignées dans toutes les écoles, n'a pas toujours été un écrivain populaire.

Plusieurs historiens se sont intéressés aux illustrations qui ont accompagné ses fables au fil des siècles. Il en ressort que la place de Jean de La Fontaine dans la culture française a évolué avec les époques. 

"L'illustration a eu lieu pendant des siècles. C'est un témoignage sur la réception de La Fontaine et sa pérennité. C'est-à-dire que le 19e siècle ne va pas y voir ce qu'a vu le 18e siècle. Le 18e aura une conception plus engagée, plus charmante, plus mondaine. Le 19e cherchera plutôt le tourmenté et le bourgeois", raconte Patrick Dandrey, président de la société Jean de La Fontaine. 

Jean de La Fontaine à travers les illustrations

"Ses fables étaient récitées et l'objet de jeux d'esprit"

Parmi les grands peintres qui ont donné vie en images aux fables, il y a Gustave Moreau (1826-1898). Le musée qui porte son nom, dans le 9e arrondissement à Paris, expose jusqu'au 19 octobre les oeuvres préparatoires des 35 aquarelles réalisées par l'artiste pour illustrer les fables de La Fontaine. Et à partir du 27 octobre, les aquarelles, qui sont actuellement en prêt au Waddesdon Manor au Royaume-Uni, y seront également visibles.

Sous le pinceau de Moreau, les animaux des fables étaient magnifiés. Le peintre s'était rendu au jardin des plantes pour s'inspirer du bestiaire vivant du zoo parisien. C'était une époque où les Européens étaient fascinés par les grands fauves importés d'Afrique. 

Avant d'être un poète connu de tous les écoliers français, Jean de La Fontaine a aussi été débattu dans les salons bourgeois. "La Fontaine n'est pas uniquement le personnage qu'on voit aujourd'hui, un auteur très connu dans le monde des écoles et de la culture populaire. Il a aussi été une figure qui a eu une place importante dans les salons où ses fables étaient récitées et l'objet de jeux d'esprit. On retrouve cela dans les décors d'époque de ces intérieurs aristocratiques ou bourgeois", explique Marie-Miléva Pavlovitch, directeur adjointe du pôle muséal de la région Château-Thierry dans le département de l'Aisne, où est né le fabuliste il y a 400 ans

Un fauteuil brodé avec une illustration inspirée d'une fable de La Fontaine.  (France Télévisions)

Le libertinage dans les contes de La Fontaine

Dans un salon du château de Condé-en-Brie, toujours dans l'Aisne, ce sont des tableaux de chasse peints par Jean-Baptiste Oudry qui décorent les murs. Mais les fables de La Fontaine ont aussi une place dans les salles richement ornées. 

Dans une chambre, on trouve une peinture du villageois qui a perdu son veau, un conte libertin du fabuliste. "Vers 1716, 1717, 1718, c'est une société qui va découvrir avec délice non seulement les écrits un peu licencieux de La Fontaine, les contes, mais aussi qui va commencer à demander tout doucement à des peintres de les illustrer", glisse Aymeri De Rochefort, propriétaire du château de Condé-en-Brie. 

Le grand écart est immense avec notre époque où les contes libertins de La Fontaine prêtent simplement à sourire, alors que les moeurs de l'occident n'ont plus rien à voir avec celles en cours en 18e siècle. Mais les fables illustrées de La Fontaine inspirent toujours des artistes contemporains. Illustrateur le plus connu des écrits du fabuliste, le peintre Gustave Doré (1832-1883) inspire des artistes des street-artistes. "Je connais Gustave Doré. J'ai vu ses gravures, ça me parle. Avec un collègue, on travaille sur un tracé direct sur fond clair avec juste du trait. C'est exactement ce que faisait Gustave Doré", souffle Florent Berthuit, un graffeur qui dessine au pochoir et à la bombe à peinture des fables de La Fontaine sur les murs du 21e siècle. 

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