Baguette au patrimoine de l'humanité : "Elle pourrait être en danger", prévient la Confédération nationale de la boulangerie

La baguette a été inscrite mercredi au patrimoine immatériel de l'humanité. "Cela doit faire savoir à tout le monde que c'est un véritable savoir-faire", explique Dominique Anract qui a défendu et obtenu cette distinction de l'Unesco.
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Radio France
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  (MYCHELE DANIAU / AFP)

La baguette de pain "pourrait être en danger", estime mercredi 30 novembre sur franceinfo Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française. C'est pour cela qu'il a défendu, et obtenu, devant l'Unesco son inscription au patrimoine immatériel de l'humanité. "On aura toujours de la baguette, mais le but c'est d'avoir de la bonne baguette, explique-t-il en critiquant le pain industriel. Ça doit renforcer les boulangers à vouloir faire de la qualité."

franceinfo : Qu'avez vous dit pour convaincre le jury d'inscrire cette baguette française ?

Dominique Anract : J'ai expliqué ce qu'étaient vraiment la boulangerie et les savoir-faire artisanaux, c'est à dire comment on fait une baguette, avec un pétrissage lent, une longue fermentation... J'ai aussi raconté toute cette vie qu'il y a autour de la boulangerie et de la baguette qui rythme le quotidien des Français. C'est la première course qu'on donne à faire à un enfant, ce côté lien social, dans toutes les villes et les villages. Et puis j'ai attiré l'attention du jury sur le fait que, dans les années 1970, il y avait 55 000 boulangeries contre 35 000 aujourd'hui. C'est quelque chose qui pourrait être en danger. On aura toujours de la baguette, mais le but c'est d'avoir de la bonne baguette.

Que va changer cette inscription au patrimoine immatériel de l'Unesco pour les boulangers ?

Ce n'est pas une action commerciale, ce n'est pas un label, mais ça doit faire savoir à tout le monde que c'est un véritable savoir-faire. Le pain, c'est aussi toute une filière de blé, de farine, des champs. Ca doit aussi renforcer les boulangers à vouloir faire de la qualité, continuer à fabriquer, faire venir des jeunes dans notre métier puisqu'on en fait quand même 29 000 chaque année mais c'est pas suffisant. Cela doit aussi faire rayonner le pays à l'international. Cette baguette est vraiment très appréciée. J'ai lu aujourd'hui un discours devant 600 personnes. Les gens étaient ravis qu'on leur parle de ce pain.

Par ailleurs, arrivez-vous en ce moment à surmonter les difficultés liées à la crise énergétique ?

Effectivement, le prix des matières premières a explosé. Et, ce qu'on a dit aussi à l'Unesco, c'est que la baguette est très compliquée a augmenter. Ensuite, sur ce gros sujet de l'énergie, on est en discussion avec le ministère pour avoir des aides. Le problème d'une boulangerie, c'est que c'est un petit chiffre d'affaires avec une grosse consommation en électricité parce qu'on a besoin de cuire du volume. Je pense qu'on sera écouté.

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