Le plus vieil ADN du monde a été séquencé sur un mammouth de plus d'un million d'années

Des scientifiques sont parvenus à extraire des données génétiques à partir de minuscules échantillons de poudre dentaire extraits du permafrost en Sibérie.

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Une défense de mammouth laineux dans le permafrost, sur l'île de Wrangel (Sibérie), illustre la publication dans la revue "Nature", mercredi 17 février, de l'annonce du séquençage de l'ADN le plus ancien jamais étudié.  (LOVE DALEN / AFP)

Il a plus d'un million d'années. Le plus vieil ADN du monde jamais séquencé a été récupéré sur des dents de mammouths enfouies dans le permafrost en Sibérie, révèle une étude publiée mercredi 17 février. Jusqu'ici, le record des plus vieux génomes décryptés était détenu par un cheval vieux de 500 000 à 700 000 ans. "Les échantillons sont mille fois plus vieux que des restes de Vikings, et même antérieurs à l'existence des hommes modernes et des Néandertaliens", s'est émerveillé Love Dalen, du Centre de paléogénétique de Stockholm (Suède), qui a supervisé l'étude publiée dans la revue scientifique Nature (lien en anglais).

Les analyses ont été menées sur trois spécimens de mammouths : à partir de fossiles découverts dans les années 1970 en Sibérie, dans du permafrost (ou pergélisol), et conservés à l'Académie des sciences russe, à Moscou, les scientifiques sont parvenus à extraire des données génétiques à partir de minuscules échantillons de poudre dentaire, "comme une pincée de sel pour assaisonner un plat", a expliqué lors d'une conférence de presse Love Dalen, professeur de génétique.

Grâce à cela, ils ont réussi à séquencer des millions de paires de bases, les briques qui constituent l'ADN. Ainsi, ils ont estimé l'âge des animaux de façon plus précise qu'avec des preuves géologiques. Verdict : le plus vieux mammouth, appelé Krestovka, est vieux de 1,65 million d'années. Le deuxième, Adycha, a 1,34 million d'années. Et le "petit dernier", Chukochya, environ 870 000 ans.

Un nouvel éclairage sur l'âge de glace

Ces analyses apportent un nouvel éclairage sur l'âge de glace, quand régnaient les grands mammifères. Elles nous en apprennent aussi sur l'héritage du mammouth laineux, dont les derniers survivants ont disparu il y a seulement 4 000 ans de l'île de Wrangel, au large de la Sibérie.

En utilisant le génome d'un éléphant d'Afrique, un cousin moderne du mammouth, les chercheurs ont aussi découvert que le plus âgé, Krestovka, était issu d'une lignée génétique jusqu'ici inconnue, qui aurait divergé des autres espèces il y a environ 2 millions d'années puis colonisé l'Amérique du Nord. D'autres analyses ont révélé des variations génétiques associées à la vie dans l'Arctique, comme la pilosité, la thermorégulation ou les dépôts de graisse, suggérant que les mammouths étaient poilus bien avant l'apparition de leur congénère laineux.

Le dégel du permafrost sibérien, lié au réchauffement climatique, met au jour de plus en plus de fossiles. Une véritable mine qui rend les scientifiques avides d'étudier aussi le passé de plus petits animaux. 

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