James Brown, immortel génie de la soul, continue d'inspirer

Showman incomparable, roi de la soul, prince du funk, James Brown a laissé une empreinte indélébile : de la musique à la danse, dans le rock, la pop ou le hip hop, le chanteur disparu en 2006 n'a cessé d'inspirer. Plongée dans l'univers de Mister Dynamite.

James Brown en 1988 lors de son concert à Montpellier
James Brown en 1988 lors de son concert à Montpellier (PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE)
Une voix qui galvanise. Un jeu de jambes qui électrise. Parti de rien, arrivé au sommet, partout où il passe, James Brown crée l'émeute.  

Reportage : A. Rougerie / V. Piffeteau / O. Lecointe / A. Becquet
C'est une bombe d'énergie, un as du tempo, James Brown électrise les scènes et laisse une empreinte indélébile sur la world music dès les années 1970. Disparu en 2006, le musicien américain surnommé le "Godfather Of Soul" (le parrain de la soul) avait le moteur de la danse au bout des pieds. Il laisse à son répertoire des morceaux qui donnent toujours la même envie de bouger : "I Got You (I feel Good)", " Papa’s Got A Brand New Bag" ou qui donne des frissons "It’s A Man’s World". 

Showman de l'excès

Excessif, colérique, en représentation permanente, il s'est inventé un personnage. C'est d'abord un génie du spectacle, avec ses costumes cintrés et ses talonnettes. Amateur de boxe, il arrive sur scène comme sur un ring. "Il s'est rendu compte qu'en enfilant une cape et en se mettant à genoux,  les filles hurlaient, c'est comme ça qu'il a fabriqué son spectacle" explique Xavier Fauthoux, producteur et auteur du livre "James Brown : black and proud" (Marabout). 

"Rien n'est laissé au hasard avec James Brown. Même son show, ses pas de danse, ses stops, ses arrêts et ses directions sont prévus, sont répétés", poursuit encore le spécialiste. Modèle pour Michael Jackson, il est le premier noir à avoir créé un show et il va inspirer de nombreux artistes, dont Prince. 

La bonne pulsation

Ce roi de la scène est aussi un génie du rythme. Chanteur, auteur, compositeur : il compte plus de 150 titres à son répertoire. Un pied dans le gospel et un autre dans le blues et toujours un temps d'avance. "Le battement fétiche de James Brown a donné naissance au hip hop, une énorme partie de son génie est de trouver la bonne pulsation", décrypte le musicien Juan Rozoff. 

James Brown c'est aussi le symbole d'une éclatante revanche sur la misère et la ségrégation. En 1968, après l'assassinat de Martin Luther King, le maire de Boston l'appelle pour éviter des émeutes, il devient alors le porte-voix de la communauté noire et porteur d'espoir. Un message positif clair : "si vous voulez réussir, il n'y a que vous qui pouvez vous en sortir".