Trans Musicales de Rennes : toujours autant de monde malgré la peur des attentats

La fréquentation des Trans Musicales de Rennes, "record depuis 2012" selon les organisateurs, est restée inchangée pour l'édition 2015 qui s'achève ce dimanche 6 décembre, alors qu'il s'agissait du premier festival musical organisé après les attentats parisiens du 13 novembre.

Ambiance aux Trans Musicales de Rennes, ici le 4 décembre 2015.
Ambiance aux Trans Musicales de Rennes, ici le 4 décembre 2015. (Thomas BREGARDIS/PHOTOPQR/OUEST FRANCE)
Au total, 32.000 festivaliers payants ont été recensés, soit exactement autant qu'en 2014, a indiqué la cofondatrice historique du festival, Béatrice Macé lors d'un point presse au coeur de la dernière soirée de ce festival à la jauge modeste mais défricheur crucial des musiques actuelles depuis 37 ans.
Le concert des familles le 5 décembre avec Grand Cannon, trio de septuagénaires suisses, aux Trans Musicales.
Le concert des familles le 5 décembre avec Grand Cannon, trio de septuagénaires suisses, aux Trans Musicales. (Thomas BREGARDIS/PHOTOPQR/OUEST FRANCE)

Vendredi 4 et samedi 5 décembre complets

En incluant les nombreux concerts gratuits organisés par les "Trans", le chiffre monte à 60.000, un peu moins que les 66.000 de 2014, a ajouté Béatrice Macé. "Mais, par mesure d'économie, nous avions supprimé six propositions" par rapport à l'an passé, a-t-elle dit. "En novembre, nos locations partaient très bien mais à partir du 13 novembre, dès le lendemain, on a senti un tassement", a-t-elle indiqué. "Tout s'est rééquilibré cette semaine à partir de lundi", a-t-elle ajouté. Au parc des expositions où sont organisées les trois plus importantes soirées multiconcerts, la soirée de jeudi 3 décembre a attiré 4.600 personnes, celles de vendredi 4 et samedi 5 décembre ont affiché complet, avec à chaque fois 13.600 personnes.

Les mesures de sécurité renforcée rendues nécessaires par les attentats parisiens ont occasionné un surcoût de 40.000 euros pour le festival, a indiqué Béatrice Macé. "On entre peut-être dans une période où ces procédures vont ressembler à celles qui sont déjà en vigueur dans les aéroports ou les stades de foot", a-t-elle remarqué. Un peu plus tôt, le président de la SACEM Jean-Noël Tronc, venu aux Trans Musicales pour saluer le "symbole" de leur maintien malgré les risques sécuritaires, avait aussi fait cette comparaison.

"Lent retour à la normale" toutes salles confondues en France, selon le président de la SACEM Jean-Noël Tronc

Après la chute brutale de fréquentation des spectacles vivants au lendemain des attentats "on est sur un lent retour à la normale mais avec des situations très disparates", a-t-il indiqué. Les spectacles de cabarets, qui attirent une clientèle étrangère, ainsi que les spectacles pour enfants, sont encore très affectés selon lui.

Outre un fonds d'aide d'urgence de 4 millions d'euros mis en place dès le lendemain du 13 novembre, Jean-Noël Tronc appelle de ses voeux l'organisation d'un audit national sur la sécurité des spectacles vivants pour évaluer les besoins en la matière. A moyen terme il a évoqué la possibilité que la Banque publique d'investissement (BPI) puisse être mobilisée : "c'est la diversité culturelle qui est en jeu", a-t-il estimé.