"Si je devais noter le concert de 1 à 10 je lui donnerais 15" : on était avec les fans de The Cure vendredi à Rock en Seine

Point d'orgue du premier jour de l'édition 2019 de Rock en Seine, le concert de The Cure vendredi soir sur la grande scène a mis tout le monde d'accord. Avant, pendant et après, nous avons sondé les fans à chaud.

Robert Smith en live à Rock en Seine le 23 août 2019.
Robert Smith en live à Rock en Seine le 23 août 2019. (NATHALIE GUYON / FTV)

Leur seul concert en France cette année, les Cure l'ont donné à Rock en Seine, ce vendredi 23 août. Et pour leur dernier show de l’été en Europe, le mythique groupe britannique a produit un spectacle de deux heures et quart au très nombreux public rassemblé dans le domaine de Saint-Cloud, aux portes de Paris. Quarante ans après leurs débuts et plus de dix ans après leur dernier album, les Cure sont toujours aussi populaires, et les attentes des fans étaient très importantes.

7 heures d'attente

Si bien que de nombreux spectateurs ont attendu toute la journée sous un soleil de plomb, réservant une place devant la grande scène sur laquelle The Cure se produisait à 21h. Mère et fille, Sandrine et Orlane sont là depuis 14h. Ce groupe, c’est une affaire de famille. “J’ai entendu mon premier concert de The Cure quand j’étais dans le ventre de ma maman”, raconte Orlane, jeune fille de 23 ans au carré blond sage. Depuis, elle n’a plus revu The Cure en concert jusqu’à ce soir. “J’attends de découvrir en live ce que j’écoute depuis 23 ans et voir ma vie défiler”, explique-t-elle.

Orlane et sa mère Sandrine avant le concert des Cure le 23 août 2019 à Rock en Seine.
Orlane et sa mère Sandrine avant le concert des Cure le 23 août 2019 à Rock en Seine. (Manon Botticelli/Franceinfo)

Sa mère, Sandrine, est tombée amoureuse des Cure lorsqu’elle avait 14 ans. Elle se décrit à l’époque comme une “curiste” : look gothique et cheveux teints en noir. Pour elle, pas question d’être mal placée pour le concert de son groupe fétiche : “Pour moi, un concert ça se vit à la barrière. Une journée d’attente c’est le prix à payer pour profiter à fond.

"Ils ont donné une leçon à tout le monde"

Pour certains fans, voir les Cure en vrai fait presque partie des habitudes. "On les a vus au festival de Wechter en Belgique il y a deux mois, ils ont donné une leçon à tout le monde", raconte Didier, pour qui ce groupe, "c’est toute ma jeunesse". T-shirt de Depeche Mode sur les épaules, il est venu de Namur exprès pour voir The Cure. Mais l’attente ne devrait pas être trop longue : "Avant The Cure, il y a Jeanne Added sur la grande scène. J’aime beaucoup, elle dégage une super énergie."

Mathilde et son père Christophe devant la grande scène de Rock en Seine le 23 août 2019.
Mathilde et son père Christophe devant la grande scène de Rock en Seine le 23 août 2019. (Thomas Hermans/Franceinfo)

Pour d’autres, l’émotions reste intacte : “C’est formidable, j’espère que je ne vais pas faire une syncope !”, s’exclame Gwenaëlle, bretonne quarantenaire visiblement émue, qui a fait 300 km pour voir The Cure et seulement The Cure.

"J'ai grandi avec eux"

Alors quand le concert commence, les fans exultent. Le groupe entame son concert avec Plainsong, chanson introductive de leur célèbre album de 1989 Disintegration. "C’est ma chanson préférée", s’exclame Ornella, jeune fille pourtant "fan depuis longtemps". L’album est très représenté au cours du concert, pour le plus grand plaisir des amateurs du groupe. Manuel a "prié pour que le concert commence par Plainsong, et qu’il finisse par Disintegration". "J’ai fait le voyage depuis l’Italie pour les voir, j’ai grandi avec eux donc ils me font un beau cadeau en interprétant ces chansons", complète-t-il, le sourire jusqu’aux oreilles.

Gwenaëlle, fan des Cure, davant la grande scène de Rock en Seine avant le concert du groupe le 23 août 2019.
Gwenaëlle, fan des Cure, davant la grande scène de Rock en Seine avant le concert du groupe le 23 août 2019. (Manon Botticelli/Franceinfo)

Après les plages éthérées issues de Disintegration, le groupe entreprend de faire danser son public, avec A Night Like This puis Push. "Je les ai découverts avec Push", raconte Jessica, normande ravie. "Ce n’est plus ma chanson préférée de The Cure, mais c’est toujours celle qui m’éclate le plus", dit-elle en agitant les bras en rythme avec la guitare virtuose de Robert Smith.

"Sur une échelle de 1 à 10, je donne 15 à ce concert"

"Franchement, cette chanson sur scène est monstrueuse", se réjouit Anthony à propos de From The Edge of the Deep Green Sea. "C’est toujours la chanson qui rend le mieux en live, les guitares sont énormes, le solo de fin est génial, et puis Robert a une détresse immense quand il la chante", complète-t-il. Venu avec ses amis vingtenaires, il est clairement celui qui s’amuse le plus.

Pendant le concert, la banderole d\'un fan club espagnol des Cure le 23 août 2019.
Pendant le concert, la banderole d'un fan club espagnol des Cure le 23 août 2019. (Thomas Hermans/Franceinfo)

A quelques mètres de là, James se dandine. "Si je devais noter ce concert de 1 à 10, je lui donnerais 15", s’extasie ce fan à la barbe rousse venu des Etats-Unis. "Mais je préfère quand ils jouent de vieilles chansons, avoue-t-il. Même si j’aime bien les plus récentes, comme celle-là", dit-il en référence à Burn, pourtant sortie en 1994.

Madeleine de Proust

La setlist est très bonne, on voit qu’il y a une volonté de faire plaisir aux fans. Mais la transmission vidéo est assez mauvaise”, regrette à la moitié du concert Lorelei, qui n’a pas la chance d’être aux premiers rangs. “Mais on est très contents d’être là, le groupe fait son job. Je redeviens adolescente”. Les premières notes de Lullaby retentissent : “Je me souviens que j’écoutais cette chanson quand j’avais neuf ans, se souvient-elle. Je me ruais devant la TV après l’école pour l’écouter sur Top 50 de Canal +. C’est un peu une madeleine de Proust.

J'ai adoré quand ils ont commencé à jouer, j'ai détesté quand ils ont arrêté.Davidfan des Cure

Quand Robert Smith et les siens quittent la scène, après avoir entonné Boys Don’t Cry, la joie laisse la place à un sentiment plus doux-amer. "J’ai adoré quand il commencé à jouer, j’ai détesté quand ils ont arrêté", plaisante David, venu du Gers, qui décrit le concert comme "féérique, magique".

"On reviendra les voir"

Marcia est elle-aussi émerveillée. Cette parisienne, fan depuis son enfance, vient de voir les Cure pour la première fois : "J’ai grandi en Equateur, et ils ne venaient pas en Amérique latine. C’est vraiment un grand moment pour moi, je suis très émue." Manuel est d’accord : "C’est la troisième fois que je les vois cet été, et c’est vraiment toujours aussi bien." "J’aurais aimé qu'ils jouent quelques chansons des albums Pornography et Faith, regrette-t-il. Mais comme c’est un festival et pas un concert dédié, ils jouent plus de chansons pop, c’est normal."

Les T-shirts de The Cure se ramassaient à la pelle vendredi 23 août 2019 à Rock en Seine. Une fan juste avant le coup d\'envoi du concert de Robert Smith et les siens.
Les T-shirts de The Cure se ramassaient à la pelle vendredi 23 août 2019 à Rock en Seine. Une fan juste avant le coup d'envoi du concert de Robert Smith et les siens. (LAURE NARLIAN / FRANCE INFO)

Ce groupe est en osmose totale. On voit qu’ils sont contents d’être là”, avance Christian, qui en est à son 4e concert de The Cure cette année. “Je ne suis jamais déçu, c’est une valeur sûre.” "C’est un groupe mythique qui ne se fout pas de son public", s’exclame Frank à la fin des 135 minutes de concert. En tout cas, qu’ils soient habitués ou néophytes des concerts des Cure, tous et toutes le promettent : "On reviendra les voir, c’est sûr !".

Le concert est à revoir sous ce lien via Culturebox