Les rappeurs Jay-Z et Meek Mill lancent un mouvement pour réformer la justice

Les rappeurs Jay-Z et Meek Mill réclament une réforme du système judiciaire américain, qu'ils jugent "terriblement injuste", en particulier envers les Noirs, sur-représentés dans la population carcérale. Pour ce faire, ils lancent un mouvement, REFORM Alliance, afin, disent-ils, de "donner une voix aux sans voix". De quoi s'agit-il et de quel soutien bénéficient-ils ?

Les rappeurs Jay-Z et Meek Mill lancent le mouvement REFORM Alliance pour réformer la justice.
Les rappeurs Jay-Z et Meek Mill lancent le mouvement REFORM Alliance pour réformer la justice. (Evan Agostini/AP/SIPA et Amy Harris/Invision/AP/SIPA)

Selon une étude de l'Urban Institute, publiée en 2014, les Noirs représentaient 37% de la population carcérale alors que leur poids dans la population américaine n'était que de 13%.

Le cas emblématique de Meek Mill

Dans un message posté sur sa page Facebook, Jay-Z explique que l'initiative REFORM Alliance a été lancée en réaction au parcours judiciaire de Meek Mill.

Interpellé en 2007 puis condamné pour possession d'armes et de stupéfiants, Robert Williams, de son vrai nom, a effectué six mois de détention avant de bénéficier d'une remise en liberté anticipée, assortie d'un contrôle judiciaire. Il n'a plus commis de délit depuis mais ayant violé les termes de son contrôle judiciaire, pour avoir quitté le comté sans autorisation et subi plusieurs contrôles positifs aux stupéfiants, il a été de nouveau placé en détention en novembre 2017.

La magistrate qui traite son dossier depuis le début de la procédure l'a ainsi condamné à une peine minimum de deux ans d'emprisonnement. Le rappeur a alors bénéficié d'un élan de sympathie et, après un recours, la Cour suprême de Pennsylvanie, a ordonné sa remise en liberté en avril 2018.


"Ce qui arrive à Meek Mill n'est qu'un exemple de la façon dont notre système pénal enferme et harcèle des centaines de milliers de Noirs chaque jour", avait écrit Jay-Z dans une tribune publié en novembre 2017 dans le New York Times. "Au lieu d'être une seconde chance", affirmait-il, "le contrôle judiciaire est un champ de mines, dans lequel le moindre faux-pas peut avoir des conséquences plus graves que le délit en lui-même."

"Si vous pensez que mon cas est injuste, des millions d'autres font face à des situations pires et se font prendre dans le système sans avoir commis de crimes", a expliqué Meek Mill dans un communiqué. "Avec cette alliance, nous voulons modifier des lois dépassées, redonner de l'espoir et réformer le système."

L'objectif de REFORM Alliance

REFORM Alliance, lancée mercredi 23 janvier, a pour mission de "faire baisser radicalement le nombre des personnes qui sont placées injustement sous la supervision du système judiciaire, en commençant par le contrôle judiciaire et la mise à l'épreuve".

"Nous allons user de nos ressources considérables pour changer les lois, la politique pénale, les coeurs et les esprits", indique le message publié mercredi.

De quels soutiens bénéficie le mouvement ?

Le mouvement dit vouloir réunir des "leaders du monde des affaires, du gouvernement, de l'entertainment, des sports, de la technologie, de l'art et de la culture".

Il peut déjà compter sur le soutien de plusieurs personnalités de poids, notamment le propriétaire de l'équipe de football américain des New England Patriots, Robert Kraft, ou le fondateur de la société d'investissement alternatif Third Point, Daniel Loeb.