Avec son label OM Records, l'Olympique de Marseille se lance sur le terrain du rap

C'est une première mondiale, le club de football vient de lancer un label musical : OM Records, et une compilation avec les stars du rap marseillais arrive bientôt. L'officialisation logique d'une histoire d'amour vieille de plus de 30 ans entre le club, la ville et ses rappeurs.

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Le label OM Records s'affiche à l'entrée du Stade Vélodrome, juste au-dessus  de la boutique officielle. (Yann Bertrand / Radio France)

La coïncidence est frappante : alors que Jul et sa Bande Organisée ont porté Marseille au sommet des ventes depuis l'été dernier, caracolant en tête des classements, l'Olympique de Marseille sous la présidence américaine de Frank McCourt se lance donc dans la musique, avec la maison de disques BMG. Forte d'une expérience de près de 15 ans dans le rap, Emilie Hauck a été nommée directrice artistique d'OM Records, et pour elle, "ça faisait vraiment sens de créer ce partenariat stratégique, et ça rejoint la vision de Frank McCourt de développer énormémement d'activités sur Marseille et auprès de la jeunesse marseillaise".

Marseille a toujours été un 'fief' de talents

Tonyno, rappeur et patron de B18 Prod

Depuis des mois, dans son studio, Tonyno essaie différentes combinaisons, inlassablement. Le rappeur, membre de la Sale Équipe, et patron de B18 Prod, installé dans les quartiers nord, prépare la première compilation sous la bannière OM Records. "On est tombé sur un bon accord et ça va nous donner de la force", explique-t-il aujourd'hui. Le disque, rassemblant des stars du rap marseillais et aussi quelques récentes découvertes, devait sortir vendredi 13 novembre, mais le confinement en a décidé autrement. Il reste très attendu.

Le rap, l'OM, le foot et la vérité du terrain

En 1986, Jo Corbeau chantait déjà son club de cœur, avec ce qui est devenu un hymne, J'aime l'OM. Le début d'une histoire documentée et racontée par Julien Valnet dans son livre : M.A.R.S., histoires et légendes du hip-hop marseillais. Pour lui, le club comme BMG ont chacun leur intérêt : "L'OM sait très bien qu'une bonne partie des supporters viennent des classes populaires, et le rap est un dénominateur commun. BMG est une maison de disques qui n'a pas forcément un pied à Marseille et qui, avec cette alliance, a certainement l'objectif de repérer la nouvelle pépite".

Quand on parle de rap à Marseille, le nom d'IAM surgit généralement assez rapidement. Le groupe marseillais - qui apparaît notamment sur la compilation OM All Stars sortie en 2004 - a l'amour du club chevillé aux textes et aux platines, notamment celles de DJ Kheops, qui a collaboré avec l'OM à plusieurs reprises par le passé, et cette année pour des "OM Sessions" en plein confinement. "Quand tu nais à Marseille, tu as toutes les chances d'avoir l'OM dans la tête, décrypte-t-il. On est des ambassadeurs de la ville, au même titre que l'OM". Mais le supporter revient vite à ses priorités...

Avant de faire des choses autour, il faut que le cadre sportif soit au top. Sinon on connait le proverbe : qui touche à tout, touche à rien

DJ Kheops, IAM

La musique, pourquoi pas, mais OM Records, premier exemple de synergie entre un club de football et une maison de disques, s'annonce soumis à la même pression que l'OM tout court : les résultats sur le terrain.

L'OM met un pied dans la musique avec OM Records | Le reportage de Yann Bertrand
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