C'est quoi la recette de "Lemonade", le dernier coup de génie de Beyoncé ?

La star américaine signe un sixième album acclamé par la critique et les fans.

Beyoncé se produit pendant le Super Bowl, le 7 février 2016, à Santa Clara, en Californie.  
Beyoncé se produit pendant le Super Bowl, le 7 février 2016, à Santa Clara, en Californie.   (RONALD MARTINEZ / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Beyoncé a encore frappé. La diva américaine a dévoilé, samedi 23 avril, son sixième album, sur la chaîne câblée américaine HBO : Lemonade. Puisqu'elle ne fait rien comme tout le monde (en fait, elle fait souvent mieux que les autres), "Queen B" a encore surpris les fans en livrant un clip long de plus d'une heure, accompagnant cet album conceptuel. Disponible sur la plateforme Tidal, Lemonade constitue un nouveau coup de génie marketing pour cette habituée des albums surprises. Francetv info détaille les ingrédients à la base de ce Lemonade, acclamé par la critique et les fans.

Prenez un soupçon de femme bafouée

La question a obsédé les réseaux sociaux tout le week-end, au fur et à mesure que les fans de Beyoncé ont découvert la nouvelle œuvre de la star. Le couple le plus puissant de l'industrie musicale bat-il de l'aile ? Beyoncé a-t-elle été trompée par son mari et business-partner, le rappeur, producteur et entrepreneur Jay Z ?

Les paroles de plusieurs morceaux laissent assez peu de place au doute : "Tu te prends pour qui ? Tu n'es pas marié à madame tout-le-monde", "c'est le dernier avertissement. (...) Si tu me refais ça, tu vas perdre ta femme", chante-t-elle sur Don't Hurt Yourself. Un message en parole mais aussi en acte, quand dans le clip de Hold Up, Beyoncé éclate des voitures à coups de batte de baseball, avant de leur rouler dessus à bord d'un Monster Truck. Tremble, Jay Z. 

Cet album est-il une façon extrêmement créative de demander le divorce en public ? Pas sûr. Shawn Carter (le vrai nom de monsieur Beyoncé), apparaît lui-même à la fin de l'album, dans ce qui ressemble à un pardon scénarisé. Pour la première fois, l'artiste partage même des images de leur mariage, en 2008. Et dans Forgiveness, elle l'embrasse. "Nous allons surmonter ça, nous allons recommencer", dit-elle.

 

Ajoutez une bonne dose de militantisme

En une heure et cinq minutes, l'album, et surtout la vidéo qui l'accompagne, tournée en grande partie à la Nouvelle-Orléans, une ville chargée d'une vibrante histoire spirituelle, regorge de références symboliques. L'album donne rapidement la parole à Malcolm X : "La personne la moins respectée en Amérique est la femme noire. La personne la moins protégée en Amérique est la femme noire", s'exclame ainsi le prêcheur musulman et militant des droits de l'homme, assassiné en 1965, dans le morceau Don't Hurt Yourself.

Une citation bienvenue alors que la chanteuse décortique minutieusement la condition féminine noire-américaine à travers cet album : dans un nouveau clin d'œil au mouvement Black Lives Matter (qui dénonce les assassinats de jeunes hommes noirs par des policiers blancs), elle a d'ailleurs invité les mères de Trayvon Martin et de Michael Brown. Reprenant des vers de la poétesse anglo-somalienne Warsan Shire," Queen B" choisit de faire apparaître dans son clip une écrasante majorité de femmes. A noter l'apparition de la championne de tennis Serena Williams, dans une parfaite démo de twerk

Mixez le tout avec un mélange de saveurs

Lemonade frappe également par sa diversité. Touche-à-tout par excellence, Beyoncé se promène entre RnB, hip-hop, électro, pop, reggae et même en terre country (sur Daddy Lessons)... Une nouvelle fois, la star s'est entourée de nombreux talents : l'artiste canadien The Weeknd, le Britannique James Blake, la nouvelle star du hip- hop américain Kendrick Lamar figurent parmi les collaborateurs de cet album. Sans oublier les contributions de Diplo, d'Ezra Koenig (de Vampire Weekend), Father John Misty, Soulja Boy, The Yeah Yeah Yeahs, Jack White, etc. Ou encore des samples piqués à Animal Collective, Isaac Hayes ou Nina Simone. Côté son ou côté image, Beyoncé parvient à solliciter des talents de tous horizons sans y perdre de son identité. Résultat, Lemonade se boit comme du petit lait.