Metronomy marie guitares et machines sur le dance-floor pour son nouvel album "Metronomy Forever"

De retour vendredi 13 septembre avec un sixième album studio sous le bras, le leader de Metronomy Joseph Mount en raconte la genèse.

Le groupe anglais Metronomy, emmené par Joe Mount, sur scène au festival All Points East à Londres le 26 mai 2019.
Le groupe anglais Metronomy, emmené par Joe Mount, sur scène au festival All Points East à Londres le 26 mai 2019. (KEITH MAYHEW/LANDMARK MEDIA/NEWSCOM/SIPA / NEWSCOM)

"Pour la première fois, je me suis dit, un jour Metronomy sera oublié": alors, pour conjurer l'oubli, Joseph Mount a accolé "Forever" ("Pour toujours") au nom de son groupe pour baptiser leur sixième album studio, Metronomy Forever. "Mais j'aurais pu l'appeler aussi Metronomy Infini puisqu'il y a 17 titres, c'est long !", rigole le cerveau du quintet anglais, auteur, compositeur et metteur en son.

La notion de temps qui passe et d'héritage laissé par les artistes dans le paysage musical l'a taraudé pendant la genèse de ce disque."La brièveté des choses m'est apparue, rien ne dure pour toujours. Mais je me suis dis tu dois profiter du voyage, peu importe la destination, même si ça sonne un peu comme une formule pour une compagnie aérienne", sourit encore le barbu ébouriffé de 36 ans.

Cet album pousse l'auditeur sur le dance-floor

Le résultat ? Un album efficace et varié. Après un court instrumental, la ligne de basse de Whitsand Bay happe l'auditeur pour le pousser vers le dancefloor où l'attendent Insecurity, Lately ou encore Sex Emoji. Soit une greffe guitares-machines (boucles, beats, synthés, etc) qui fait bouger les hanches. Comme une version 2.0 du son de Manchester des années 1980-90, ce fameux "Madchester", jeu de mot sur le vent de folie musicale qui soufflait alors depuis cette ville du nord de l'Angleterre.



Metronomy Forever
a été réalisé dans le studio que Joe Mount a installé juste à côté de sa maison, dans la campagne anglaise. Mais la création de l'album ne s'est pas fait d'une traite. "Après avoir vécu 7-8 ans à Paris, je suis reparti m'installer en Angleterre avec ma copine et nos deux enfants. J'avais écrit à Paris, mais ce n'était pas assez bon, j'en ai effacé une partie et retravaillé dans le Kent (comté au sud-est de Londres), l'album est la juxtaposition des deux".

L'architecte de Metronomy s'y fait plaisir, revisite toutes les époques du groupe, frappe à la porte de la house-music (Lying Low) ou charpente un morceau très french touch (Miracle Rooftop). L'occasion de rappeler que Metronomy a posté sur les réseaux sociaux un vibrant hommage le jour du décès de Philippe Zdar, moitié de Cassius, formation qui figure aussi dans les remerciements de l'album.

Désormais, le leader signe aussi les clips de Metronomy

La scène électro française irrigue d'ailleurs Sex Emoji puisque Mr. Oizo (alias le réalisateur Quentin Dupieux) est venu apporter son grain de peps. Ce dernier a eu un autre apport, décisif. "Il avait fait une vidéo sur le précédent album, c'est devenu un ami. Ce qui est ahurissant, c'est qu'il fait ce qu'il ce veut : il faisait des films et s'est dit pourquoi je devrais payer pour la musique ? Je la fais moi-même !".

Conséquence, Joseph Mount a fait le chemin inverse et il est devenu le réalisateur des clips de Metronomy pour ce nouvel album. "Je me suis dit, je peux le faire, j'ai vu des réalisateurs travailler et j'ai travaillé avec eux, comme Quentin, Michel Gondry, qui sont ouverts, relax. Je ne dirais pas que c'était facile, mais j'étais préparé." Une casquette de plus pour la tête pensante.

Album Metronomy Forever (Because Music) sort vendredi 13 septembre
Metronomy est en tournée en France en octobre avec deux dates à l'Olympia les 15 et 16 octobre mais aussi à Bordeaux (le 9 octobre), Nantes (le 10), Toulouse (le 12) et Nancy (le 18).