La Scala de Milan ne veut plus d'un financement saoudien

La prestigieuse Scala de Milan ne sera pas financée par des fonds saoudiens. Le Conseil d'administration s'est prononcé contre "à l'unanimité" lundi après le déclenchement d'une polémique début mars.

L\'intérieur 19e somptueux de la Scala de Milan.
L'intérieur 19e somptueux de la Scala de Milan. (Moatti / Kleinefenn / Sipa )
"Retour à la case départ. Nous allons rendre l'argent aux Saoudiens", a déclaré à la presse le maire de Milan et président de la Scala, Giuseppe Sala, précisant que le conseil d'administration réuni lundi s'était prononcé "à l'unanimité".

L'accord avec Ryad portait sur un financement de 15 millions d'euros, dont trois millions déjà versés seront remboursés. Il prévoyait aussi l'entrée du ministre saoudien de la Culture au conseil d'administration de la Scala, qui est une institution en Italie. L'objectif était de construire "un partenariat d'au moins cinq ans" à hauteur de "3 millions d'euros chaque année". 

Début mars, le directeur du théâtre, Alexander Pereira, avait confirmé à la presse négocier un tel financement, après des contacts avec le gouvernement saoudien et le géant pétrolier Aramco. Selon lui, il s'agissait d'une proposition du président de la région Lombardie, Attilio Fontana (extrême droite). 

Mais quelques mois après l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, commis dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul par un commando venu de Ryad, cette annonce a provoqué une vive polémique en Italie.

Malgré des rumeurs de licenciement à la suite de cette polémique, M. Pereira va rester en poste, a précisé M. Sala. Le théâtre de la Scala de Milan, inauguré en 1778, est l'une des scènes les plus légendaires du monde.