Le chanteur Koffi Olomidé condamné à 2 ans avec sursis pour atteintes sexuelles

Le chanteur congolais Koffi Olomidé, 62 ans, a été condamné lundi à Nanterre à deux ans de prison avec sursis pour "atteintes sexuelles sur mineure de 15 ans". Celui que l'on surnomme le roi de la rumba congolaise était accusé d'avoir agressé sexuellement et séquestré quatre de ses danseuses en région parisienne entre 2002 et 2006.

Le chanteur Koffi Olomidé sur scène en 2007.
Le chanteur Koffi Olomidé sur scène en 2007. (Sadaka Edmond / SIPA)
Le 11 février, le ministère public avait requis à l'audience sept ans de prison à l'encontre du chanteur congolais, poursuivi pour "atteintes sexuelles avec violence, contrainte, menace ou surprise par personne ayant autorité" et pour "séquestration" sur quatre danseuses pour des faits commis en région parisienne entre 2002 et 2006.

Pour les trois autres parties civiles qui l'accusaient de relations sexuelles forcées, le chanteur de 62 ans a obtenu une relaxe.

Il a cependant été condamné à une amende de 5.000 euros pour avoir facilité l'entrée et le séjour irrégulier en France de trois des plaignantes. Et a dédommagé sa victime pour un montant de 5.000 euros au titre de son préjudice moral. "C'est une victoire éclatante. C'est tout le dossier d'accusation qui s'écroule", prouvant que "les accusations contradictoires" des parties civiles "ne tenaient pas la route", a aussitôt réagi l'un des avocats de M. Olomidé, Emmanuel Marsigny. 

Deux hommes présentés par l'accusation comme des hommes de main et poursuivis pour complicité ont, eux, été relaxés pour l'ensemble des faits.

De quoi était-il accusé ?

Les faits se seraient déroulés notamment dans un pavillon d'Asnières-sur-Seine, près de Paris, que l'artiste louait et où il hébergeait ses danseuses en marge de concerts ou d'enregistrements en France.

Ses quatre victimes présumées ont toutes affirmé avoir dû subir régulièrement des relations sexuelles non consenties, que ce soit en RD Congo ou en tournée. Notamment en France, alors qu'elles étaient enfermées et gardées 24h/24 par trois hommes dans le pavillon d'Asnières, sans document d'identité ni téléphone.

L'un d'eux, toujours le même, les conduisait à leur patron lorsque celui-ci en exprimait le désir. A l'hôtel ou au studio d'enregistrement le plus souvent, affirment-elles, évoquant des rapports sexuels imposés sans préservatif et des gifles quand elles se débattaient. Certains faits se seraient également déroulés dans le pavillon même, quand l'épouse du chanteur ne s'y trouvait pas.

Les quatre plaignantes avaient fini par s'échapper du pavillon grâce à un ancien agent de sécurité de Koffi Olomidé, une nuit de juin 2006. Elles ont déposé plainte en 2007, 2009 et 2013 et ne sont plus jamais retournées en République démocratique du Congo, par peur de représailles.

Le Comité contre l'esclavage moderne, qui a soutenu les plaintes de deux d'entre elles, s'était porté partie civile.