Le blues complètement bidon de Philippe Terrillon

Philippe Terrillon est un menuisier de Meurthe-et-Moselle. Il y a quelques années, il s’est pris de passion pour les boites de cigares et les caisses de vin. Il en a fait des guitares : ses cigares et pinard-box. Le son qu’il en sort le fait remonter aux racines du blues. Bluffant.

Philippe Terrillon teste ses guitares improbables
Philippe Terrillon teste ses guitares improbables (France 3)
Reportage : Malika Boudiba, Eric Bertrand, Stéphane Raybois et Sarah Billod-Laillet
Mont-l’Etroit, à quelques kilomètres de Toul en Meurthe-et-Moselle se trouve plutôt en dehors des autoroutes de la post-modernité et aucun grand mouvement culturel ne passe par là. Ce qui n’est pas suffisant pour y vivre hors du temps et du monde. La preuve, Philippe Terrillon.
Philippe Terrillon parmi ses guitares
Philippe Terrillon parmi ses guitares (France 3)
Menuisier de formation, amoureux de la planète Terre et passionné de musique. A ranger sans doute dans la catégorie des doux rêveurs ou des poètes échevelés du quotidien. Les chemins égarés de sa région du Saintois, il les emprunte aussi pour sa musique. A l’image des premières basses du blues fabriquées à partir de bidons et de manches à balais, il a découvert qu’une boite de cigares pouvait avoir une sonorité particulière. Fumeux ? Pas du tout. Toutes les boites sont différentes donc les sonorités le sont aussi. Même chose pour les caisses de vin qu’il rabote, découpe, adapte. Il y fixe un manche, une mécanique, des micros. Et voilà les inattendues cigare-box ou pinard-box .
Des sonorités authentiques
Des sonorités authentiques (France 3)
"Chaque instrument a une sonorité différente selon la nature ou l’épaisseur du bois ou de la tôle", explique Philippe Terrillon. Ce jour-là, il essayait une "Ducru-Beaucaillou 1986", encore inconnue sur la marché des guitares même vintage, mais envisagée chez les producteurs de Saint-Julien dans le Bordelais !
Une \"Château Ducru-Beaucaillou 1986\"...
Une "Château Ducru-Beaucaillou 1986"... (France 3)
On pourra découvrir les instruments de Philippe Terrillon comme sa dernière création, un "butagong", une percussion fabriquée à partir d’une bonbonne de gaz au festival "Vaches de Blues" en juillet, à Villerupt en Meurthe-et-Moselle.

Le succès de curiosité est en passe d’être dépassé. Le week-end des 6 et 7 juin, Mathieu Chedid alias M, a testé l’une de ces guitares et en a, parait-il, été enchanté. Peut-être n’est-ce là que le début d’un chemin qui le mènera un jour, qui sait ? Aux racines du blues en Louisiane…
\"M\" et une \"Quality Street\" de Philippe Terrillon !
"M" et une "Quality Street" de Philippe Terrillon !