Cet article date de plus d'un an.

"Des attaques de mauvaise foi" : l'ex-Pink Floyd Roger Waters répond à ceux qui l'accusent d'avoir arboré un uniforme SS

La police allemande soupçonne l'ancien chanteur et bassiste du groupe britannique de "glorifier ou de justifier le régime national-socialiste".
Article rédigé par franceinfo Culture avec AFP
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Roger Waters, ex-membre des Pink Floyd, lors d'un concert à l’Olympiahalle de Munich, le 21 mai 2023. (ANGELIKA WARMUTH / DPA / AFP)

L'ex-Pink Floyd Roger Waters a accusé ses détracteurs de "mauvaise foi" après l'annonce de l'ouverture d'une enquête de la police allemande après un concert controversé à Berlin. Le chanteur et compositeur y arborait notamment une tenue évoquant un officier SS et utilisait le nom d'Anne Frank, la jeune juive allemande morte en camp d'extermination.

"Mon récent concert à Berlin a généré des attaques de mauvaise foi de la part de ceux qui veulent me réduire au silence, car ils sont en désaccord avec mes opinions politiques", a réagi Roger Waters dans un message publié vendredi 26 mai sur ses comptes Instagram et Twitter. "Les aspects de mon concert qui ont été mis en cause constituent clairement un message contre le fascisme, l'injustice et le sectarisme sous toutes ses formes" et toute tentative d'y voir autre chose "est malhonnête", a-t-il ajouté.

Soupçonné d'incitation à la haine

La police berlinoise avait annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête, après des plaintes, "sur des soupçons d'incitation à la haine, car les vêtements portés sur scène sont susceptibles de glorifier ou de justifier le régime national-socialiste et de troubler l'ordre public", selon un porte-parole. Sur les images du concert diffusées sur les réseaux sociaux, le chanteur apparaît vêtu d'un long manteau noir marqué d'un symbole rappelant la croix gammée et de brassards rouges. Plusieurs médias ont évoqué aussi des inscriptions en lettres rouges sur un écran durant le spectacle, les noms d'Anne Frank et de Shireen Abu Akleh, journaliste vedette palestino-américaine de la chaîne Al Jazeera tuée lors d'un raid israélien en mai 2022.

"Malheureusement, les procédures judiciaires engagées contre lui ont jusqu'à présent tourné en sa faveur, bien qu'il propage l'antisémitisme et qu'il soit soupçonné d'incitation à la haine", a réagi samedi 27 mai le délégué du gouvernement allemand à la lutte contre l'antisémitisme, Felix Klein, auprès des journaux du groupe Funke. Mais "j'en appelle à la vigilance de la police et de la justice et j'encourage d'autres dénonciations", a-t-il ajouté.

Les autorités de Francfort ont tenté d'annuler un concert

Le concert berlinois a suscité de vives critiques en Israël. Le ministère israélien des Affaires étrangères a ainsi reproché à Roger Waters, mercredi 24 mai, d'avoir "souillé la mémoire d'Anne Frank et des six millions de juifs assassinés pendant l'Holocauste". "Waters veut comparer Israël aux nazis". Il est "l'un des plus grands détracteurs des juifs de notre époque", a réagi sur Twitter l'ambassadeur israélien à l'ONU, Danny Danon.

L'ex-Pink Floyd, 79 ans, s'est illustré ces dernières années par des prises de position, notamment sur la guerre en Ukraine. "Il n'est pas vrai que l'invasion russe de l'Ukraine ait été non provoquée", avait-il notamment lancé le 8 février devant le Conseil de sécurité de l'ONU, où il avait été invité par la Russie à s'exprimer. Il défend aussi des actions de boycott des produits israéliens au nom de la défense de la cause palestinienne.

Des manifestants protestent devant l’Olympiahalle de Munich, avant le concert de Roger Waters, ex-membre des Pink Floyd, le 21 mai 2023. (ANGELIKA WARMUTH / DPA / AFP)

Les autorités de Francfort ont annulé un concert du chanteur britannique dimanche 28 mai, mais la décision a été invalidée par un tribunal administratif au nom de la liberté d'expression. Une manifestation contre la venue de Roger Waters dans la ville est prévue à l'appel de la communauté juive locale et du parti des Verts, notamment. "Les organisateurs de concerts devraient réfléchir à deux fois avant d'offrir une scène à des conspirationnistes", a jugé de son côté le responsable gouvernemental allemand.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.