Derrière la fête des Grammys dimanche, le scandale gronde après l'éviction de sa PDG, Deborah Dugan

Alors que l'on attend dimanche 26 janvier soir le palmarès des Grammy Awards à Los Angeles, un air de scandale flotte sur la cérémonie après la suspension de la PDG de l'Académie des arts et sciences de l'enregistrement, Deborah Dugan, qui chapeaute l'événement.

Deborah Dugan, PDG de l\'Académie des arts et sciences de l\'enregistrement, l\'association professionnelle américaine qui organise les Grammys
Deborah Dugan, PDG de l'Académie des arts et sciences de l'enregistrement, l'association professionnelle américaine qui organise les Grammys (ANGELA WEISS / AFP)

Les Grammy Awards se préparent à fêter dimanche à Los Angeles la musique et ses talents du moment, comme Lizzo, Billie Eilish et Lil Nas X, mais un autre air brouillera la partition : les graves accusations portées contre l'organisation par sa patronne depuis août dernier, récemment suspendue de ses fonctions.

Accusation de discrimination et de harcèlement

A quelques jours de la grand-messe annuelle de l'industrie musicale, la PDG de l'Académie des arts et sciences de l'enregistrement, association professionnelle qui organise les Grammys, a déposé plainte à Los Angeles auprès de la Commission pour l'égalité des chances professionnelles. Deborah Dugan accuse l'Académie, qui vient de la suspendre de ses fonctions, de discrimination et de harcèlement. Mais elle affirme également que son prédécesseur s'est rendu coupable de viol sur une artiste et que certains votes pour les nominations aux Grammy Awards sont entachés par des "conflits d'intérêts". 


Son prédécesseur Neil Portnow a catégoriquement démenti ces "accusations de viol ridicules et fallacieuses", et l'organisation a elle aussi réfuté ces "graves allégations", soulignant que Mme Dugan avait été placée en "congé administratif" après avoir été elle-même accusée de harcèlement moral par une employée.

Une enquête indépendante a été ouverte sur ces faits et les accusations de Mme Dugan. Le responsable des prix au sein de l'Académie est monté au créneau jeudi pour défendre les procédures en vigueur aux Grammy Awards. "Les allégations fallacieuses selon lesquelles des membres ou des comités utilisent notre processus pour promouvoir les nominations d'artistes avec lesquels ils sont en relation sont catégoriquement fausses, trompeuses et erronées", affirme Bill Freimuth dans un communiqué.

Première femme à avoir pris la tête de l'Académie, en août dernier, Deborah Dugan affirme être victime de mesures de rétorsion parce qu'elle voulait y "changer les choses" après 17 ans de présidence de Neil Portnow. Ce dernier avait officiellement renoncé à prolonger son contrat après avoir été vivement critiqué pour des propos jugés sexistes: il avait déclaré que les femmes devaient "passer à la vitesse supérieure" pour justifier le fait que peu d'entre elles avaient obtenu des récompenses lors de l'édition 2018.