Victoires de la musique classique 2021 : qui est Marina Chiche, violoniste et coprésentatrice de cette 28e édition ?

La violoniste et productrice de radio anime pour la première fois la soirée des Victoires de la musique classique, en duo avec Stéphane Bern. Elle revient pour Franceinfo sur son parcours. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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La violoniste Marina Chiche, coprésentatrice des Victoires de la musique classique 2021.  (Marco Borggreve)

Les Victoires de la musique classique décernent leurs trophées. La cérémonie se tient ce mercredi 24 février à 21h à l’Auditorium de Lyon et sera retransmise en direct sur France 3 et France Musique. Un nouveau duo est aux commandes de cette soirée : Stéphane Bern et Marina Chiche. On ne présente plus le premier, défenseur du patrimoine et figure de la télévision française. La deuxième est une violoniste d'envergure internationale, installée plus récemment dans le paysage médiatique. Les auditeurs de France Musique connaissent sa voix, qui résonne tous les dimanches depuis septembre 2020 sur les ondes de la station avec l'émission Vous avez dit classique ? Chiche ! De ses débuts à Marseille, en passant par ses prestations aux Victoires et sa carrière de professeure en Allemagne, la musicienne nous a raconté son parcours.

Commençons par le début : Marina Chiche et son violon, "c’est une histoire d’amour qui dure", nous dit-elle, après un coup de foudre à l’âge de 3 ans. La musicienne fait ses classes au Conservatoire de Marseille avant de "monter à Paris", puis s'envoler à Vienne et Munich, où elle se perfectionne auprès de maîtres réputés. En 2003, elle sort un premier disque, Sonates pour violon et piano de Brahms avec Vahan Mardirossian, qui reçoit un accueil critique enjoué. A 22 ans, la jeune violoniste commence à se produire sur scène mais "les choses se sont lancées avec [ses] nominations aux Victoires de la musique en 2004 et 2005", retrace-t-elle. Marina Chiche est nommée deux années de suite dans la catégorie Révélation. Et son premier passage sur la scène des Victoires est rocambolesque.

Quand la corde lâche en direct

"C’était dingue !", raconte-elle. "Je jouais, en prime-time, avec l’orchestre national de Lille une pièce de Wieniawski. Trente secondes avant la fin, ma corde de mi, la plus aiguë, lâche.", se souvient la violoniste. "J’ai mis du temps à réaliser ce qui se passait", continue Marina Chiche. "J’ai dû m’arrêter. J’aurais pu fondre en larmes, c’était la catastrophe, mais allez savoir pourquoi ça m’a fait exploser de rire ! Je trouvais cela tellement absurde. Je n’avais jamais vu cela sur scène donc je ne savais pas ce qu’il fallait faire ! Le premier violon m’a fait un geste pour qu’on échange nos instruments et j’ai pu finir mon morceau."

Une mésaventure qu'elle raconte aujourd'hui en riant. Profitant du tremplin des Victoires, Marina Chiche se produit ensuite partout en France, dans les festivals puis dans le monde entier, jusqu’à remplir une salle de 5 000 personnes à Tokyo en 2014.

Dès 2009, elle passe de l'autre côté du pupitre et devient professeure à Taiwan, avant de s’installer en Allemagne où elle enseigne le violon et la musique de chambre. Pour la violoniste, la transmission se fait autant sur scène que dans les salles d'un conservatoire : "il y a un alignement avec le fait d’être interprète où l’on est un intermédiaire, on transmet. La démarche est très similaire", analyse Marina Chiche.

"Dédramatiser" la musique classique

A son retour à Paris, en 2018, la musicienne également diplômée de musicologie, donne des séminaires à Sciences Po. La même année, l’idée d'alimenter un blog fait son bout de chemin. Elle ouvre un site intitulé Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la vie d’un musicien pro, où elle aborde grandes thématiques et petites anecdotes sur des sujets comme l’apprentissage par cœur, le trac, jusqu'aux problèmes de bagages quand on prend l'avion pour jouer à l'autre bout du monde. Le but : faire découvrir les coulisses aux néophytes, mais aussi partager des ressources à destination des jeunes professionnels. "Le blog a été une révélation", dit-elle. "Je me suis rendu compte de toute cette expérience que j’avais accumulée en tant que concertiste, musicologue, professeure, globe trotteuse".

La violoniste et productrice de radio Marina Chiche.  (Marco Borggreve)

Une expérience qu'elle partage également sur les ondes de France Musique. Marina Chiche arrive sur l'antenne en 2019, avec deux séries d’été : la première consacrée à la violoniste Ginette Neveu, la deuxième autour de grandes violonistes oubliées par la postérité. "Ça a été un moment très fort car cela m’a fait réfléchir sur ma construction en tant qu'artiste et sur ce que ça veut dire, d’être une femme violoniste", explique-t-elle, invoquant un imaginaire historique où ce "violon du diable" a longtemps été la chasse gardée des hommes. "J’ai découvert plein de grandes violonistes qui ont été invisibilisées, alors qu’elles ont été très importantes de leur vivant. Je me suis fait une mission de raconter ces histoires. Cela permet de découvrir des modèles féminins différents".

Marina Chiche a maintenant sa propre émission hebdomadaire sur France Musique, succédant au Monsieur classique de Radio France : Frédéric Lodéon. Elle s'est donné pour mission de "dédramatiser" la musique classique et "d'offrir des portes d’entrée", en tissant des liens avec des sujets d’actualité. "Les compositeurs sont des êtres humains qui nous parlent de la condition humaine", plaide la musicienne, qui insiste : "C’est pour ça que c’est important de transmettre. La musique classique est un patrimoine, qui nous parle de nous."

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