Covid 19 : "Pas essentiel", le slam de Grand Corps Malade contre la fermeture des lieux culturels

Le slamer a sorti son titre à minuit sur Youtube pour dénoncer le maintient de la fermeture des salles de spectacle, cinéma et librairies annoncé jeudi par le Premier ministre Jean Castex.

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France Télévisions Rédaction Culture
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 Grand Corps Malade sur scène au Festival sur le Champ, Valence (Drôme) le 17 juillet 2019. (NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS)

L'artiste français Grand Corps malade a sorti ce jeudi 10 décembre à minuit un nouveau titre sur la plateforme Youtube intitulé Pas essentiel. Cette chanson évoque le malaise du monde du spectacle et la frustration provoquée par les nombreuses restrictions des derniers mois en raison de l'épidémie de Covid-19. Une chanson rendue publique quelques heures après l'annonce par Jean Castex de la prolongation de trois semaines de la fermeture des lieux culturels.

"Embrasser quelqu'un, pas essentiel. Ouvrir un bouquin, pas essentiel. Sourire sincère, pas essentiel. Aller aux concerts, pas essentiel. Se promener en forêt, pas essentiel. Danser en soirée, pas essentiel. Retrouver les gens, pas essentiel. Spectacle vivant", lance Grand Corps Malade sur son titre.

"L'économie culturelle plus importante que celle de l'automobile"

Positif, il commente son morceau mis en ligne Pas essentiel :"Ce morceau c'est aussi un hymne à la vie qui va bientôt reprendre. On espère pouvoir retrouver les gens, faire des accolades, danser ensemble dans les soirées. C'est ça aussi. C'est essayer de lutter contre le stress ambiant, parler de ce sujet-là, en essayant de le rendre convivial et de se dire qu'on s'en sortira tous ensemble."

Sur une possible réouverture des salles, l'artiste répond avoir "l'impression que c'est jouable, mais je ne veux pas contester les règles sanitaires", a expliqué Grand Corps Malade sur franceinfo.

Grand Corps Malade est plus circonspect sur les annonces de Jean Castex : "C'est un mélange de frustration, d'inquiétude, de colère, un petit sentiment d'injustice. On voit que les transports en commun sont blindés de monde, que les commerces sont blindés de monde et qu'une nouvelle fois le monde de la culture reste fermé. Il y a beaucoup de métiers qui ne se relèveront pas, des techniciens, tous les petits métiers qui gravitent autour du spectacle vivant."

L'artiste estime par ailleurs que l'économie culturelle passe au second rang, alors qu'elle est plus importante que celle de l'automobile, prise en première ligne  : "Il y a toute une industrie qui est à l'arrêt, on sait que l'industrie de la culture représente beaucoup de sous, qu'elle est plus importante que l'industrie automobile. On sent bien la volonté de relance économique du gouvernement, mais apparemment la relance de l'économie culturelle n'est pas essentielle. C'est maladroit de dire qu'il y a des choses essentielles et que d'autres ne le sont pas. Evidemment que la culture est essentielle dans notre pays, évidemment que les concerts, la musique, les cinémas, les théâtres sont essentiels pour le moral des Français".

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