Aldebert, parrain de "Tous en Sons !", le festival qui veut dépoussiérer la musique jeune public

Fi des comptines gnan gnan délivrées d'un air condescendant, des petits lapins et des carillons : le nouveau festival "Tous en Sons", qui déroule du 22 au 31 mars entre Aix et Marseille, se veut le premier rendez-vous national de création musicale pour enfants. Tête d'affiche et parrain du festival, la star des cours de récré Aldebert.

Le chanteur Aldebert en concert au Printemps de Bourges en 2015.
Le chanteur Aldebert en concert au Printemps de Bourges en 2015. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)
Comment  dépoussiérer ce genre musical souvent dévalorisé ? Voici la recette de "Tous en sons", dirigé par Mathilde Rubinstein et parrainé par Aldebert, qui propose 15 spectacles pendant les dix jours du festival.
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Adresser aux enfants un discours non infantilisant
Le discours est déjà important. Aldebert, parrain de cette première édition, donne l'exemple au quotoidien, avec ses chansons ambitieuses qui plaisent aux petits comme à leurs parents. "Quand je dis aux gens que je fais de la musique pour enfants, je vois encore dans leurs yeux quelque chose de très 'cucul', petit lapins, carillons...", dit l'artiste. Ce festival va "décloisonner pas mal (la musique) jeune public, en proposant des choses différentes", poursuit l'interprète d'"Enfantillages". "Au niveau des sons, des arrangements, les enfants prennent les choses de façon très cash, très instinctive, c'est une grande porte ouverte", salue celui qui a donné plus de 1.000 concerts devant 800.000 enfants.

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Proposer une création musicale de qualité
"Il se passe en musique ce qu'il s'est passé en littérature jeunesse il y a 30 ans, des compositeurs de grande qualité font des incursions dans ce champ de liberté, d'autres s'y spécialisent", explique la directrice Mathilde Rubinstein. Avec Aldebert "Tous en Sons" programme aussi par exemple le chanteur Pascal Parisot, Grand Prix Sacem jeune public en 2018. 

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Allier pédagogie et moment ludique dans les spectacles
"Musique pas bête" est un spectacle d'histoire de la musique, de Nicolas Lafitte, inspiré de son livre éponyme tréalisé à partir de questions qui lui ont été posées par de jeunes auditeurs sur France Musique ou France Inter. "Papa Bach" est également un pspectacle pédagogique, sur la vie familiale de Bach, pour découvrir la richesse de son œuvre et la force d’une pratique musicale partagée. Même chose pour "L’histoire probable de la musique électronique", conférence loufoque et ludique sur la musique électro ! Trois scientifiques entourés de leurs machines, donneront à écouter des pièces de leur composition.

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Offrir de l'originalité
"Les familles ont envie d'avoir du contenu adapté en musique", dit Mathilde Rubinstein  : en jeune public, "il y a une explosion de créativité dans toutes les esthétiques, de la musique contemporaine au rap en passant par l'électro". En témoignent des propositions originales : création jazz pour bébé dès un an (quintet Nanan !) ou encore solo de musiques du monde jeune public autour de musiques traditionnelles africaines. "Soulomès", par Jean-Baptiste Boussougou, est un voyage poétique autour de la contrebasse, du oud, du n’goni et de la boîte à tonnerre.

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Permettre de s'évader par les contes musicaux
Qui dit chanson pour enfant, dit souvent conte musical. "Le petit garçon qui avait envie d’espace" en est un, d’après un texte de Jean Giono, avec une partition de Benoît Menut pour comédienne (Cécile Brochoire) et piano (Michaël Dian). "Tout cru" en est un autre, création spécialement conçue pour "Tous en sons !" Inspiré de Jacques Prévert, il met en scène un jeune lion et les hommes qui l’entourent…