Karl Lagerfeld "était totalement solitaire et seul, mais c'était ce qu'il voulait", selon Inès de La Fressange

Inès de La Fressange, qui fut la première et la plus emblématique de ses égéries, revient sur France Inter sur le goût du travail et de la solitude du "Kaiser", décédé mardi à l'âge de 85 ans.

Karl Lagerfeld et Inès de la Fressange, le 13 mars 1987, préparant le défilé prêt-à-porter automne-hiver.
Karl Lagerfeld et Inès de la Fressange, le 13 mars 1987, préparant le défilé prêt-à-porter automne-hiver. (PIERRE GUILLAUD / AFP)

"C'est difficile à imaginer parce que Karl c'était, le styliste, le couturier qui avait eu une plus grande longévité dans la mode, c'était très exceptionnel, se souvient sur France Inter Inès de La Fressange, qui fut la première et la plus emblématique de ses égéries, décédé mardi à l'âge de 85 ans. Un couturier qui travaillait depuis 60 ans, il n'y a aucun exemple, ni au XXe siècle, ni au XXIe siècle."

"Ce n'était pas le bagne !"

Inès de La Fressange, elle-même styliste, raconte comment était Karl Lagerfeld dans le travail. "Ce n'était pas le bagne, assure-t-elle. Il détestait l'image de styliste, de couturier, qui crée dans la souffrance. Il voulait absolument une image de liberté, de joie de vivre et de facilité." "Je crois que c'est quelqu'un qui avait beaucoup travaillé, qui connaissait parfaitement son métier, et cela pouvait donner l'illusion de dilettantisme mais c'était le contraire de ça."

Une vie de curé, totalement monacale

"Finalement quand il disait qu'il avait une vie de curé, totalement monacale, les gens riaient, souriaient, ne voulaient pas y croire, mais c'était vrai, il ne faisait que travailler." "Il était totalement solitaire et seul mais c'était un choix, c'était ce qu'il voulait", conclut Inès de la Fressange.