Retour sur la Paris Fashion Week masculine automne-hiver 2020-21 en cinq vidéos coups de cœur

La Paris Fashion Week masculine automne-hiver 2021-22, du 19 au 24 janvier, a adopté un format numérique. Les 68 défilés étaient diffusés sur la plateforme dédiée mise en place par la Fédération de la Haute Couture et de la Mode. Retour sur l'événement en cinq vidéos coups de coeur.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Temps de lecture : 6 min.
Oteyza automne-hiver 2021-22 à la Paris Fashion Week masculine, le 19 janvier 2021 (BENJAMIN CREMEL)

Cette saison, c'est une plateforme accessible au public et dédiée à la Paris Fashion Week masculine automne-hiver 2021-22 qui a présenté les contenus vidéo des 68 créateurs inscrits au calendrier officiel.

Voici avec les shows de Homme Plissé Issey Miyake, Oteyza, Yohji Yamamoto, Agnès.b et Thom Browne, nos cinq vidéos coups de coeur. 

Des références à l'épidémie

Les créateurs ont eu toute liberté pour créer leur contenu, certains ont opté pour un teaser (Berluti a fait ce choix pour sa collection Vivre ensemble séparément qui sera dévoilée lors de la Fashion Week féminine de mars), d'autres n'ont pas hésité à faire long : 15 minutes avec en toile de fond une musique entêtante pour Rhude et presque 20 minutes pour Yohji Yamamoto. 

Les lieux choisis sont des plus variés. La marque chinoise Sankuanz a tourné son défilé au pied d'une réplique de la tour Eiffel dans la ville chinoise de Hangzhou, censée symboliser "la civilisation pré-pandémique". D'autres proposent une balade dans les vignobles espagnols (Oteyza), en forêt (Wooyoungmi), au Lido à Venise (Rick Owens), dans une abbaye (Boramy Viguier), dans un hangar désaffecté (Hed Mayner), dans une usine (Yoshiokubo).... La formule du défilé n'est pas privilégiée par tous, certains préférant expliquer le travail nécessaire à la fabrication de leur collection (JW Anderson, Agnès.b, Loewe).

Des allusions à l'épidémie sont parfois présentes : Berluti a joué avec l'image du marquage au sol, et dans de nombreuses vidéos la distanciation sociale se ressent : les mannequins arrivent les uns après les autres et ne se croisent pas. D'autres comme Yohji Yamamoto leur font porter des masques. 

Pour Homme Plissé Issey Miyake "Never Change, Ever Change"

Issey Miyake présente désormais pendant la PFW la ligne Homme Plissé - avec son emblématique technique de plis et sa matière infroissable et légère à séchage rapide - plutôt que sa ligne Issey Miyake Men. Plus en adéquation avec notre société, l'Homme Plissé plaît aux jeunes hommes branchés qui affectionnent ce vestiaire facile au quotidien. 

Sa collection Never Change, Ever Change a privilégié les styles vestimentaires classiques et conventionnels mais dans une perspective moderne. En y intégrant de nouvelles technologies, la collection - qui définit les nouveaux basiques de la marque - montre son intention d'évoluer, tout en restant fidèle à son approche du design et de la fabrication pour des vêtements qui reflètent nos modes de vie changeants. Beaucoup de nouveautés dont la première série utilisant un tissu 100% polyester recyclé qui a la même finition et la même texture que le tissu d'origine. A noter aussi une série d'imprimés tirant leur origine de motifs dessinés à la main sur des paniers d'inspiration africaine. Et enfin, des manteaux avec une construction à manches doubles ; ces dernières autour du coude sont repliées vers l'intérieur puis pressées. 

Oteyza prend la nature comme source d'inspiration

Derrière Oteyza, spécialiste du costume traditionnel et de la cape, se cache un duo composé de Paul Garcia de Oteyza et Caterina Paneda, membre de l’Association des Créateurs de Mode d’Espagne (ACME). Oteyza, société de mode masculine (et aussi féminine), fondée en 2011, a un parcours international : le salon Pitti Uomo de Florence en Italie et la Fashion Week madrilène qu'elle a délaissé pour Paris en 2020.

La vidéo a été tournée dans le vignoble de Remirz de Ganuza (une cave de La Rioja Alavesa). La marque espagnole utilise les éléments de la nature comme source et origine de ses créations, d'où le travail sur les matières premières naturelles telles que la laine mérinos espagnole ou les cotons biologiques. "La collection Arcadia est une terre d'humanisme et de liberté, de valeurs profondes et de création profonde, dans laquelle l'homme est toujours en équilibre avec la nature, dans le temps et l'espace" explique la marque qui oscille entre tradition et avant-gardiste (comme le montre les vêtements aux coupes privilégiant l'asymétrie). 

Yohji Yamamoto donne sa vision du monde d’aujourd’hui

Pour leur deuxième collaboration vidéo, Yohji Yamamoto et le photographe japonais Takay montrent, dans une vidéo de vingt minutes, 26 looks de mannequins en mouvement dans une ambiance sombre et punk, accompagnés de la voix et des chansons du créateur.

On retrouve bien l'ADN Yamamoto dans cette garde-robe aux formes déconstruites et surdimensionnées, avec différentes couches comprenant plusieurs tissus (coton, soie, lin, gabardine de laine mais aussi tissus synthétiques). Pour le créateur "le réchauffement climatique nous fait changer ce que nous portons" : cette collection met en avant la différence entre les vêtements d'été et les vêtements chauds. On note des manteaux oversize dans un style outwear. Le créateur veut aussi montrer que dans notre société au quotidien des gens portent des masques tandis que d'autres n'en portent pas. Enfin, avec ces messages imprimés sur les vêtements, la collection s’inspire de thèmes empruntés au monde d’aujourd’hui tels que les droits de l’homme, les mouvements sociaux, les urgences sanitaires, la protection des animaux. Le créateur japonais exprime ici ses sentiments et sa colère mais d'une manière poétique.

Agnès.b en plein travail dans ses ateliers

Le titre de la vidéo d'Agnès.bUn essayage vu de ma fenêtre, a été tourné lors d'un session de travail de la styliste. Direction donc les bureaux de la créatrice où dans son atelier elle converse au milieu de ses collaborateurs. 

"J'adore habiller les hommes, les femmes et les enfants. Mais les hommes ca m'amuse. Je me sens encore plus libre. Il n'y a pas beaucoup de femmes qui habillent les hommes, en fait, c'est rigolo", explique la créatrice française que l'on voit assembler différentes pièces d'un vêtement. "C’est au moment où les choses se retrouvent sur le portant que j’assemble. C’est avec mes ingrédients que je fais les tenues. C’est comme ça que je travaille. Donc c’est un travail-jeu. J’essaie d’habiller des gens différents aussi, penser à des gens différents. Les découvertes avec des êtres nouveaux, tout ça j’adore" ajoute-t-elle encore. Puis focus sur les acteurs français Reda Kateb, Rod Paradot et Nicolas Maury qui jouent les mannequins lors d'un essayge sous son regard amusé. "Ce ne sont pas des mannequins justement. Ce sont des gens, ce sont des êtres qu’on aime, que l’on a envie de faire beau, qui jouent le jeu. Plus les gens sont personnels, plus cela m’intéresse. Parce qu’après j’ai envie de souligner leur personnalité d’une certaine manière". Certes on n'en saura pas plus sur la future collection proposée par la styliste mais cette vidéo permet de voir le travail effectué dans l'atelier.

L'Américain Thom Browne plonge en enfance

Thom Bowne a profité de la Fashion Week pour présenter sa toute première collection pour les enfants. Le créateur new-yorkais, familier des univers insolites mais souvent romantiques, a transporté les enfants dans le monde des adultes et plus particulièrement dans l'univers des bureaux. 

Cette garde-robe présente le même style que celle des adultes, avec les mêmes essentiels qui définissent l'ADN du créateur. Ces uniformes, en miniature, comprennent le costume en sergé de laine gris, le pardessus Chesterfield avec col en velours, le cardigan classique et la chemise Oxford classique blanche. A cela s'ajoutent une multitude de pièces, dont "l'uniforme du vendredi", comme le manteau sport en sergé bleu marine à boutons dorés et la chemise brassard en gros-grain à rayures universitaires à col rond. A noter aussi des sweats classiques en jersey bouclé.

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