EN IMAGES. Sept créateurs de mode expliquent les raisons qui les ont poussés à imaginer des masques, bien avant la pandémie de Covid-19

Depuis de nombreuses années, les créateurs de mode ont fait porter des masques à leurs mannequins sur les podiums de la Fashion Week. A l'époque, il n'était pas question pour eux d'évoquer une protection contre une maladie

Face au manque de masques à usage non sanitaire, nombreuses ont été les marques de mode solidaires qui ont réorienté leur production dans cette fabrication (Armor Lux, Salomon, Lytess, Ateliers Jean-Luc François, projet Résilience, B.Solfin, Dim, Empreinte, Dream Act). Mais bien avant cette pandémie de coronavirus, les créateurs se sont intéressés aux masques.

A l'époque, il n'était pas question pour eux d'évoquer la maladie : leurs créations, toujours très esthétiques, étant le plus souvent un symbole de protection. La preuve en images avec les créations de Ludovic Winderstan, On Aura Tout Vu, Eymeric François, Muriel Nisse pour Xuan Paris, Élisabeth de Senneville, Gall et Mirat Paris qui expliquent à Franceinfo Culture la symbolique derrière chaque masque. 

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"J'ai été inspiré par les images sombres d'un monde en dérive, pour Noir, ma première collection couture. Chaque mannequin portait un masque entièrement brodé de cristaux en référence aux protections que nous portons pour supporter le monde" a indiqué Ludovic Winderstan évoquant sa collection couture hiver 2015-2016 pour laquelle il a réalisé ce masque en dentelle brodée de pierres et cristaux Florian Saez
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La maison On Aura Tout Vu a souvent intégré des masques recouvrant partiellement ou totalement le visage dans ses collections. "A la base protection (masque chirurgical, masque à gaz, masque de plongée, cagoule ou visière), ces objets utiles deviennent ornements de visage. Cette robe de mariée couture printemps-été 2015 avec son masque intégral témoigne d’un message de paix, de non violence et de protection, dédié à la mémoire des victimes innocentes : le silence qui entoure la destruction de l’hôpital de Médecins Sans Frontières de Kunduz en Afghanistan" expliquent Yassen Samouilov et Livia Stoianova. On Aura Tout Vu
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"La faune utilise depuis des siècles des protections naturelles notamment par les couleurs saturées qu’arborent certaines espèces d’animaux pour se protéger des prédateurs mais aussi par des carapaces de préservation, dont les masques de ma collection sont la représentation. Un masque devenu symbole d’une protection de l’être envers le milieu extérieur, parfois hostile tant l’humain l’a lui-même dégradé" explique Eymeric François en évoquant sa collection couture hiver 2017-2018 qui proposait un travail sur des icônes guerrières. JL COULOMBEL
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"Pour ce qui est du masque, c’est un sujet qui m’obsède depuis longtemps. Le masque c’est l'ultime liberté, celle de s’affranchir du regard des autres et de sa propre identité. Chacune de mes créations vise à réinterpréter des symboles et des images, au croisement de l’art, du textile artisanal, de la sculpture et de la mode. J’en extrais des pièces d’art singulières venant rompre avec le réel, interroger le désir, questionner notre logique intime, ses limites et l’expression de notre identité" indique la créatrice Muriel Nisse qui a réalisé ce masque pour le défilé Xuan couture printemps-été 2020.  Thomas Dossou (Runway).
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"Les masques crânes ont été créés pour la collection homme automne-hiver 2017. Ils sont une inspiration du film Mad Max. Ils sont le fil conducteur de ma collection Squad, permettant de créer l’illusion d’une armée sur le podium, ainsi qu’un climat post-apocalyptique" explique Cyril Mirat le créateur de Mirat Paris Svetlana Braun
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"Chez Gall, nous pensons que l'anonymat peut créer de la peur pour certaines personnes, tout en responsabilisant et en unifiant les autres sur des bases communes. À la fin de la journée, nous portons tous des masques" explique la créatrice qui a créé ce modèle pour le printemps-été 2019 JUSTIN GALL
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"Depuis 2000, je concentre mon travail sur les innovations et les nouvelles technologies pour le vêtement du futur. Mon propos est la protection par rapport aux modes de vie urbains qui présentent une pollution gigantesque dans toutes les mégapoles et aussi la protection contre les ondes électromagnétiques très nocives. Mes tissus anti pollution sont imprégnés de charbon actif qui filtre la pollution de l’air ce qui est d'actualité en 2020". Ce masque anti pollution a été présenté en 2015 lors de la Cop 21 ainsi qu'au défilé innovation en 2016 à Avantex Le Bourget. Benjamin Cailleres 2016