EN IMAGES. Marinières, jupes pour hommes... Jean Paul Gaultier revisitera-t-il ses 5 looks iconiques lors de son dernier défilé haute couture ?

La marinière, les seins coniques de Madonna, les jupes pour hommes et les mannequins hauts en couleurs tranchant avec les canons habituels... Retour sur le style Jean Paul Gaultier avant ses adieux aux défilés haute couture le 22 janvier 2020 au Théâtre du Châtelet à Paris où certainement ses modèles emblématiques seront présents.

L'icône de la mode Jean Paul Gaultier - qui en 50 ans a révolutionné les codes vestimentaires, devenant l'un des symboles du luxe français - fera le 22 janvier à Paris ses adieux aux défilés haute couture pour se lancer dans un "nouveau projet" avec sa maison.

Considéré dans le passé comme "l'enfant terrible de la mode", le créateur français de 67 ans est une figure incontournable dans le monde de la couture, connu pour avoir bousculé les codes vestimentaires dans les années 80 au point d'être qualifié d'iconoclaste. Depuis ses premières collections, il a mélangé les genres, les sexes, les époques, la gouaille des rues populaires et la distinction des beaux quartiers. "Dès votre première collection en 1976, vous avez remis en cause les critères du goût et du mauvais goût. Vous avez choqué, dérangé et agacé en vous amusant à brouiller les pistes avec une garde-robe ambivalente et interchangeable", lui lançait Pierre Cardin en 2001 en lui remettant la Légion d'honneur.

15
Jean Paul Gaultier aime la différence et trouve la beauté partout. Dans les années 1980, il passe une petite annonce dans le journal Libération : "Créateur non conforme cherche mannequins atypiques. Gueule cassées ne pas s'abstenir". Rompant avec les canons de beauté en vogue pour les mannequins, il fait défiler des femmes en surpoids, âgées, issues de la diversité. C'est lui qui lance Farida Khelfa, le premier mannequin d'origine maghrébine à connaître la notoriété. Il fait aussi défiler la plantureuse chanteuse américaine Beth Ditto (ex-membre du groupe de rock Gossip), la pin-up Dita Von Teese, le travesti barbu Conchita Wurst et la chanteuse Mylène Farmer, lors de défilés festifs et hauts en couleurs. ANTONIO DE MORAES BARROS FILHO / WIREIMAGE
25
La marinière est une marque de fabrique du créateur, qui lui est inspirée par ses vêtements d'enfance. Le pull de matelot devient un élément du vestiaire unisexe et se décline dans les défilés en T-shirt court, en robe longue... Les créateurs Pierre et Gilles immortalisent le couturier vêtu de son vêtement fétiche, un bouquet de marguerites à la main. Le couturier décline aussi le maillot sur le flacon en forme de buste du parfum "Le Mâle", sorti en 1995. MICHEL DUFOUR / FRENCH SELECT
35
C'est un corset de sa grand-mère qui donne à Jean Paul Gaultier le goût pour ce dessous. Il commence à acheter des bustiers aux seins coniques dans les magasins et les décore de croix militaires. Puis les confectionne dès 1980 et les transforme en vêtements. Quand Madonna lui demande de créer les costumes de scène pour sa tournée "Blond Ambition Tour" en 1990, le corset rose aux seins pointus porté par la star devient un hit mondial. Il continuera à habiller la chanteuse : sur le MDNA Tour à Londres, en juillet 2012, elle porte un costume noir aux seins cônes. KEVIN MAZUR / WIREIMAGE
45
Pourfendeur des clichés vestimentaires liés aux sexes, Jean Paul Gaultier fait sensation en créant des jupes pour hommes dans sa collection "Et Dieu créa l'Homme" en 1984. Pour lui, "un homme ne porte pas sa masculinité sur ses vêtements, sa virilité est dans sa tête". Il se plaît à tailler la jupe dans des étoffes diverses, comme pour mieux déjouer les codes du masculin et du féminin. Et son art du détournement et du jeu transparaît lorsqu'il l'habille de motifs écossais, façon kilt. MARTIN BUREAU / AFP
55
L'inventivité du couturier s'expose aussi sur scène et dans les salles de cinéma. Il a par exemple réinventé les costumes de scène de l'accordéoniste Yvette Horner. Mais ce sont les costumes qu'il a dessinés pour le cinéma qui ont encore plus marqué les esprits, notamment la tenue de Victoria Abril dans Kika de Pedro Almodovar (réalisateur avec qui il a collaboré à plusieurs reprises), les costumes de La Cité des enfants perdus de Caro et Jeunet, et surtout ceux du Cinquième Elément de Luc Besson. Dans ce film devenu un classique de la science-fiction à la française, il (dés)habille Milla Jovovitch avec une combinaison minimaliste, faite de bandes de tissu blanches. Et met la couleur orange à toutes les sauces, notamment dans les tenues de Bruce Willis, la chevelure de Milla et les uniformes des employés de McDonald's. Copyright TOBIS Film GmbH