À Londres, la Fashion Week 100% virtuelle mise sur le gender fluid et les jeunes talents

Après New York, c'est au tour de Londres, à l'aube de l'ère post-Brexit, de prendre le relais pour présenter ses collections automne-hiver 2021-22, dans un pays confiné et en pleine pandémie de variant anglais. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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Victoria Beckham automne-hiver 2020-21 à la London Fashion, le 16 février 2020 (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

La London Fashion Week présentant les collections féminines automne-hiver 2021-22 se déroule du 19 au 23 février 2021 dans un format 100% virtuel, dans un pays en plein confinement, en raison de la pandémie de la Covid-19.

Une vitrine numérique

La plupart des 94 stylistes participants ont opté pour des vidéos mettant en valeur leurs collections qui peuvent être masculines, féminines ou mixtes, la Fashion Week n'étant plus dédiée à la mode féminine mais se voulant désormais "gender fluid". Depuis juin 2020, la semaine de la mode est neutre sur le plan du genre, les collections homme, femme ou mixte y sont mises en avant sans distinction. Cette décision "a été prise à la lumière de l'environnement actuel lié au Covid-19, des défis liés à la circulation des marchandises, des échantillons et des personnes dans le marché unique et l'union douanière après le Brexit, et des enquêtes et tables rondes avec des designers", avait indiqué fin 2020 le British Fashion Council. 

La plate-forme numérique héberge un contenu multimédia exclusif et est disponible à la fois pour le grand public et les professionnels, comme c'est le cas pour la plateforme mise en place pour la Fashion Week parisienne. Créateurs, partenaires et marques y partagent leurs histoires sous différentes formes à travers des lancements de collections, des films, des podcasts, des conversations et des articles. 

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94 shows mais Victoria Beckham absente 

Malgré l'absence des stars, influenceurs et journalistes habituellement très nombreux pour ce rendez-vous de la mode, des designers ont choisi de maintenir un défilé. C'est le cas du Turc installé à Londres Bora Aksu, de la Britannique Molly Goddard ou de l'Irlandaise Simone Rocha, dont les shows seront retransmis sur le site internet de la Fashion Week.

La marque britannique Burberry, connue pour son emblématique trench sans cesse revisité, présentera une collection masculine pensée par le directeur créatif italien Riccardo Tisci. Si la forme de cette présentation n'a pas été précisée, en  septembre 2020 pour sa collection printemps-été 2021, elle avait organisé un défilé filmé en forêt et retransmis en direct sur Twitch, une plateforme de streaming qui a popularisé la diffusion de jeux vidéo en offrant la possibilité de commenter en direct. Plus de 40 000 personnes avaient regardé le show, qu'elles pouvaient observer sous différents points de vue.

L'ex-Spice Girl reconvertie styliste Victoria Beckham a, quant à elle, choisi de présenter ses créations quelques jours avant la Fashion Week de Londres. Cette collection, qui mêle les saisons, se veut "optimiste mais réaliste", a expliqué Victoria Beckham qui passe le confinement en Floride, son mari David Beckham étant l'un des copropriétaires du club de foot de l'Inter Miami. Malgré la pandémie, "les gens veulent toujours s'habiller mais il y a un besoin de confort" et un "sentiment de protection", reflété dans certaines pièces aux détails militaires. Il y a aussi un côté joyeux et délicat, avec des robes en jersey, de la couleur et des imprimés de fleurs ou de poissons rouges.

Un partenariat avec le réseau social TikTok

Une légèreté qui tranche avec un sombre contexte pour la mode britannique, qui subit les conséquences de la pandémie qui a fait plus de 118 000 morts au Royaume-Uni, et conduit à un deuxième confinement depuis début janvier 2021.

Pour accroître la visibilité des jeunes talents, le British Fashion council, qui représente cette industrie, a noué un partenariat avec le réseau social TikTok. Il s'est aussi allié avec Clearpay, un groupe spécialiste du "Buy now pay later" ("Achetez maintenant, payez plus tard") proposant des solutions pour régler en plusieurs fois sans frais en ligne. Ce partenariat est destiné à "continuer à développer la London Fashion Week, en l'ouvrant à un plus large éventail de consommateurs et en l'adaptant aux besoins des créateurs.", a expliqué Caroline Rush, directrice générale du BFC.

Cri d'alerte du monde de la mode 

En février, des centaines de personnalités de la mode, dont les mannequins Twiggy et Yasmin Le Bon, ont alerté le gouvernement que le secteur risque d'être "décimé" à cause du Brexit, dans une lettre ouverte publiée par l'organisme Fashion roundtable. La mode et le textile, "industrie qui contribue à hauteur de 35 milliards d'euros au PIB du Royaume-Uni et emploie presque un million de personnes, risque d'être décimée par l'accord de Brexit et la politique actuelle du gouvernement", avertit la lettre, adressée au Premier ministre Boris Johnson ainsi qu'à ses ministres de la Culture, de l'Industrie et de l'Intérieur. Le secteur contribue plus au PIB britannique que les industries de la pêche, la musique, le cinéma et l'automobile combinées, affirme la lettre.

Soulignant que l'UE représente le plus grand partenaire que ce soit à l'import qu'à l'export, le monde de la mode a demandé au gouvernement des mesures de soutien et d'envisager des allègements d'impôts. La mode et d'autres secteurs sont touchés par la nécessité, imposée par la fin de la libre-circulation entre l'UE et le Royaume-Uni, d'obtenir, entre autres, des visas individuels, qui impliquent notamment des coûts supplémentaires. 

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