Fashion Week : les créateurs Off-White, Y/Project et Facetasm déstructurent le vestiaire formel

Des chemises et des polos asymétriques chez Off-White, des jeans en tire-bouchon chez Y/Project, des blousons froissés chez Facetasm : la souplesse était de mise aux défilés de mode masculine pour l'automne-hiver 2018-19.

Y/Project ah 2018-19, à Paris, 17 janvier 2018
Y/Project ah 2018-19, à Paris, 17 janvier 2018 (PATRICK KOVARIK / AFP)

Facetasm travaille les tissus

Chez la marque japonaise Facetasm, hommes et femmes défilent ensemble et ici les mannequins expriment des émotions : les uns sourient, discrètement, franchement ou d'une façon forcée, d'autres ont les joues ruisselantes de larmes ou le visage recouvert d'un fin grillage noir. Dreadlocks sur la tête, ils portent des vêtements d'où sortent des fils et de fines tresses. Dans ce vestiaire bigarré entre streetwear et sportswear avant-gardiste, fait de superpositions, les tissus sont froissés, plissés, torsadés.

Facetasm automne-hiver 2018-18, janvier 2018 à Paris.
Facetasm automne-hiver 2018-18, janvier 2018 à Paris. (Courtesy of Facetasm)

The Woolmark Company est partenaire pour les saisons automne-hiver 2018/19 et printemps-été 2019 de la marque et a mis à disposition du studio son Wool Lab, pour que le créateur puisse choisir les tissus les plus innovants. Hiromichi Ochiai a donc visité les fermes de production de laine. "J'ai découvert combien les éleveurs aimaient leurs moutons, la nature et leurs terres, transmises de génération en génération", a-t-il déclaré. "M'entretenir avec les éleveurs et découvrir comment est produite la laine mérinos a été pour moi très enrichissant. Jusqu'à présent, je n'avais vu la laine mérinos que sous forme de tissu et grâce à cette visite, j'ai appris qu'elle était le résultat de beaucoup d'amour et de techniques ancestrales". 

Off-White torture le vestiaire

Chez Off-White, marque basée à Milan du styliste américain Virgil Abloh, l'esprit streetwear est toujours là et imprègne la garde-robe de l'homme actif : pantalon de costume et cravate se portent avec un sweat imperméable à capuche, les imprimés tie-and-dye ou à effet bombe de peinture éclaboussent costumes ou chaussures.
Off-White ah 2018-19, à Paris, en janvier 2018.
Off-White ah 2018-19, à Paris, en janvier 2018. (Stephane Cardinale - Corbis/Corbis via Getty Images)
Le créateur explore le vestiaire du travail avec des pantalons et des vestes à poches. Le style est urbain, hip-hop, parfois rock, comme cette veste en velours bleu nuit damassée. Les vêtements ont subi une torsion : les chemises se boutonnent à l'oblique, les coutures des jeans s'enroulent autour de la jambe, un polo est plissé sur le côté, un sweat s'entortille autour de la taille...  

Y/Project bouscule les repères 

Le défilé est mixte aussi chez Y/Project, label du Belge Glenn Martens, qui décline les pantalons tire-bouchonnés à l'extrême dont il est coutumier, et fait subir le même traitement aux bottes Ugg qui deviennent des cuissardes disproportionnées. "La botte UGG Classic est l'une des chaussures les plus reconnaissables de l'histoire, avec un design intemporel caractéristique. (...) En retravaillant la botte classique avec une touche Y/Project typique, comme les revers triples et les bottes oversize extra-longues, nous voulons célébrer l'histoire unique de la marque UGG" explique le créateur. Glenn Martens joue les trompe-l'oeil, bouscule les repères : les ceintures et les cols sont doublés, les sweats et les pulls font des faux plis, le haut du jean déborde au-dessus de la ceinture, les doublures des costumes ou des manteaux sortent au grand jour.
Y/Project ah 2018-19, à Paris, en janvier 2018.
Y/Project ah 2018-19, à Paris, en janvier 2018. (PATRICK KOVARIK / AFP)
Les pièces offrent de nombreuses possibilités de personnalisation et célèbrent l’individualité. C'est une collection qui "fait fusionner deux corps", a expliqué Glenn Martens. "Vous avez deux manteaux et deux vestes en un. C'est un mélange de pièces. Vous ne savez jamais vraiment où commence le premier corps et où finit le second, il faut le définir soi-même, choisir comment on veut porter les pièces".