Développement durable : Emmanuel Macron charge Kering d'une mission pour sensibiliser le secteur de la mode

Par l'utilisation de l'eau et les déchets qu'elle produit, l'industrie mondiale de la mode est hautement polluante.

François-Henri Pinault, le PDG de Kering, en février 2018 à Paris
François-Henri Pinault, le PDG de Kering, en février 2018 à Paris (PATRICK KOVARIK / AFP)

François-Henri Pinault, le PDG de Kering, a été chargé par le président Emmanuel Macron de fédérer les entreprises de la mode et du luxe afin d'engager collectivement le secteur dans le développement durable. Cette mission lui a été confiée le 15 mai lors du Copenhagen Fashion Summit, sommet international dédié à la mode durable organisé à Copenhague. Objectif : le prochain G7 à Biarritz en août.

"Il s'agit de créer une coalition d'entreprises s'engageant sur les sujets de biodiversité, de changement climatique et de protection des océans", a précisé à Reuters Marie-Claire Daveu, responsable du développement durable du groupe propriétaire de Gucci, Saint Laurent ou Balenciaga. Si grands noms du luxe comme LVMH ou Chanel sont individuellement engagés dans ces sujets, une approche plus collective pourrait se révéler utile.

D'ici à 2030, le secteur devrait connaître une croissance de 81% en volume et atteindre 102 millions de tonnes de produits, selon le Boston Consulting Group.

Des pratiques plus éco-responsables

Par l'utilisation de l'eau et les déchets qu'elle produit, l'industrie mondiale de la mode est hautement polluante. "Face à des clients de plus en plus sensibles et concernés par les enjeux environnementaux et sociétaux, les marques se doivent d'être plus proactives", estime le cabinet de conseil dans une étude réalisée avec le Global Fashion Agenda. Elles doivent aussi modifier leur business model pour faire face à la concurrence, car nombre de consommateurs déclarent avoir déjà délaissé une marque en faveur d'une autre aux pratiques plus éco-responsables, avertit le Boston Consulting Group (Pascale Denis, édité par Benoît Van Overstraeten).

La fin de la destruction des invendus 

Présente au sommet danois Brune Poirson, secrétaire d'Etat à la Transition écologique, a confirmé que l'interdiction de la destruction des invendus de la mode figurerait dans le prochain de loi à venir sur l'économie circulaire. Burberry avait annoncé en septembre 2018 qu'il allait cesser de détruire ses invendus, levant le voile sur un sujet tabou dans l'industrie du luxe et mettant la pression sur un secteur qui redouble d'efforts de communication sur ses engagements en matière éthique et environnementale.

Selon les spécialistes, les destructions sont nettement plus limitées dans le luxe que dans la grande diffusion et les chaînes comme Zara ou H&M, leurs stocks d'invendus étant moins importants. Les marques tentent aussi de limiter les destructions en écoulant leur marchandise grâce aux soldes ou aux ventes spéciales destinées à leur personnel. "Nous avons détruit des stocks dans le passé", a dit Marie-Claire Daveu, précisant que Kering travaillait aujourd'hui à des projets d'"upcycling", consistant à transformer des invendus en produits de qualité ou d'utilité supérieure.