Défilés parisiens été 2014 : Jean Paul Gaultier électrise le podium

11 défilés pour la 5e journée avec un incroyable show Jean Paul Gaultier qui apporte un air de fraîcheur et d'énergie en plein milieu de la fashion week où les défilés, très codifiés et sérieux, se succèdent. La collection inspirée de l'émission "Danse avec les stars" que le créateur "adore" était "un prétexte pour montrer différents groupes de vêtements, inspirés par des danses et des musiques".


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"Let's dance with the stars", indiquait le carton d'invitation, donnant le ton du défilé Jean Paul Gaultier : les mannequins dansent le rock, le tango pour présenter une collection avec beaucoup de cuir. Une table est posée sur le podium, l'actrice espagnole Rossy de Palma s'y installe, avec deux compères: ils seront le jury. Derrière, les mannequins s'étirent, font quelques pas de danse, sur la scène du cabaret Le Paradis Latin. Puis la musique démarre et quelques uns des plus célèbres mannequins d'aujourd'hui se lâchent sur la piste. Karlie Kloss fait une chorée en jupe portefeuille très mini sur un short; Coco Rocha, en biker noir en cuir et en caleçon, joue John Travolta, la musique de Grease à fond. D'autres se déhanchent devant le jury, qui juge: "Bravo", "Guapa" (belle), "Boring" (ennuyeux). "Il y a des vêtements que j'ai toujours aimés comme le perfecto", explique le couturier. Le corset se porte parfois sur des T-shirts. "Il y a beaucoup de cuir, des franges avec des transparences", décrit-il. La collection est très années 80. La silhouette est sexy, avec mini-shorts, robe en cuir rouge. Le tulle et la dentelle sont associés au cuir. Des volants sont cousus tout autour des robes. Le perfecto se transforme en robe.  MIGUEL MEDINA / AFP
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Le duo néerlandais Viktor & Rolf a voulu "personnaliser l'uniforme" des jeunes filles des collèges privés, "le mixer entre rigueur et côté rebelle". Le premier mannequin apparaît dans une robe de jeune fille faussement sage avec son épaule dénudée. Le deuxième a un écusson sur sa veste. Des bermudas et des robes portent des clous. Des robes plissées laissent une partie du dos nu. Les filles ont une grosse épingle à nourrice accrochée à l'oreille; elles portent des mocassins mais avec de gros talons bleu turquoise. Les coupes sont précises. "Les matériaux sont compacts parce que nous voulions une silhouette forte", expliquent-il. Le haut est étroit, le bas est large. Le plissé de jupes est très large, très couture. La palette, elle, est bien celle de l'uniforme: noir, bleu marine et blanc.FRANCOIS GUILLOT / AFP
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Véronique Leroy explore le champ des uniformes, croisant les registres militaires et les références vestimentaires des centres de remise en forme. De ces univers nait une féminité graphique et sexy. Ici les matières dictent la loi de la construction et croisent souplesse et rigidité, texture sensuelle ou craquante, tension mate ou brillante. La bouclette éponge, tissée ou tricotée - signature récurrente - s‘apparente à une douce fourrure. Voici aussi la popeline de coton double, amidonnée, le macro-denim brodé et le vinyle transparent, qui jouent de leurs motifs abstraits « veines de bois », brodés. Le cuir laqué, découpé en micro-franges, hypnotise. Les beiges explorent une palette cosmétique dynamisée par un blanc optique, un éclat froid de rosée et un bleu denim. Graphiques, les volumes empruntent à la radicalité de la coupe d’uniformes. 2 longueurs contrastées cohabitent. Une fausse longueur avec décalage d’ourlet à mi-mollet, construction évasée, carrure épaulée. Les robes à plis s’ouvrent sur des jupes longues ou mini. Les tailles se marquent hautes. Les chemises, ultra-courtes, sont élastiquées. En opposition, la mini. En éponge, rythmée de surpiqûres qui structurent, elle s’affiche bombée, nouée, ou en nid d’abeille à plis ronds écrasés.MIGUEL MEDINA / AFP
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Chez Tsumori Chisato, direction un monde onirique qui nous mènera jusqu’à une lune se réfléchissant dans un océan de couleurs pastel. Les chapeaux coniques en raphia rappellent les champs de riz baignés par le soleil et arrosés par des pluies diluviennes. On devine dans le plissé d’une jupe le cours d’un ruisseau dont les flots se reflètent sur d’autres pièces lamées d’argent et des sequins. Puis la journée s’écoule au gré de dégradés de plumes légères de paons sur une jupe mi-longue et un boléro multicolores. La lune contraste un crépuscule où s’invite un feu d’artifice célébrant traditionnellement l’été au Japon. On la retrouve sur des bracelets sur lesquels se devine aussi par touches de couleur le mont Fuji et des vagues dont l’esthétisme rappelle les estampes du 18èe siècle. Capturant ces instants que lui inspirent l’été japonais, Tsumori Chisato puise dans la campagne locale et jongle avec des imprimés d’océan et de rivières, d’animaux, que l’on retrouve dans une garde-robe faite de robes ceinturées par des obi, de jupes, de pantalons et autres mailles légères. FRANCOIS GUILLOT / AFP
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JOEL SAGET / AFP
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Chez la Britannique Vivienne Westwood, voici avec une couronne de grosses fleurs rouges sur la tête, un haut au motif écossais qui se prolonge sur les jambes en un voile vert transparent en dentelle : c'est la première silhouette du défilé. "Maintenant que notre monde est dans le chaos, je veux en savoir plus sur le fonctionnement de la société médiévale", est-il écrit dans une note transmise aux invités. "Nos pèlerins du Moyen-Age doivent être austères, sérieux et festifs, chacun portant ses habits auxquels il tient le plus". De grandes capes en dentelle viennent couvrir des vêtements déconstruits. Des jupes bouffantes longues, bleues ou roses terminent le show. Il y a de la couleur puis du "nude" puis du noir, de la fluidité. A côté de pièces que l'on imagine uniquement dans cet univers Westwood, des vestes aux épaules carrées pourraient être portées par la femme qui travaille dans un bureau. De même pour des robes, jamais classiques mais que l'on imagine dans la rue.PATRICK KOVARIK / AFP
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MIGUEL MEDINA / AFP
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