Le créateur de mode Alber Elbaz, ancien directeur artistique de Lanvin, est mort

Alber Elbaz, victime de la Covid-19, avait été pendant 14 ans à la tête de la maison Lanvin avant d'en être évincé en 2015. Il avait créé sa propre marque, AZ Factory.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Le créateur de mode Alber Elbaz lors de la présentation de la saison automne-hiver 2011-12 de chez Lanvin, à Paris, le 4 mars 2011. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Maître du drapé et des robes sculpturales dans lesquelles Meryl Streep et Natalie Portman ont foulé le tapis rouge, le couturier Alber Elbaz, emporté par le Covid, était revenu à la mode pendant la pandémie, avec des créations à prix abordables, habillant toutes les silhouettes.

Le créateur israélo-américain avait été pendant 14 ans à la tête de la maison Lanvin avant d'en être évincé en 2015

AZ Factory, la marque que le styliste israélo-américain a lancé avec le groupe de luxe Richemont et dont il a présenté la première collection en janvier 2021, a salué "son imagination extraordinaire et son adoration des femmes". "C'est sous le choc et avec beaucoup de tristesse que j'ai appris le décès soudain d'Alber (...) C'était un homme d'une chaleur exceptionnelle et très talentueux, et sa vision si singulière, son sens de la beauté et de l'empathie laisseront une marque indélébile", a salué le président de Richemont Johann Rupert.

Le président exécutif de la Fédération de la haute couture et de la mode en France, Pascal Morand, a, de son côté, réagi sur Twiitter, en lui reconnaissant "tant de talent et aussi du génie".

Reconnaissable à sa silhouette ronde, ses lunettes et... son noeud papillon, Alber Elbaz a marqué le monde de la mode par ses petites robes, souvent noires, prisées d'actrices hollywoodiennes comme Natalie Portman, Cate Blanchett ou Sienna Miller. il avait été nommé aux Globes de cristal en 2015 dans la catégorie meilleur créateur de mode, avant de devoir quitter la maison Lanvin à la fin de cette même année.

Parcours sans faute

Né le 12 juin 1961 à Casablanca (Maroc), Alber Elbaz avait grandi à Tel-Aviv (Israël) et avait commencé à dessiner des robes sous les encouragements de sa mère avant d’entrer au cours du collège de mode Shenkar College Engineering and Design en 1982 pour en sortir diplômé deux ans plus tard.

Au milieu des années 1990, il avait été appelé par Ralph Toledanon, alors président de Guy Laroche, pour rajeunir l’image de la maison fondée en 1957. Désormais connu du public, il avait pris le poste de directeur de création de maison. La même année, il avait été promu chevalier de la Légion d'honneur. Un an plus tard, appelé par Pierre Bergé, il avait repris la direction artistique pendant trois ans de la ligne de prêt-à-porter féminin Saint Laurent rive gauche, jusqu'au rachat par le groupe Gucci où il avait été remplacé par Tom Ford.

Début des années 2000, après une année sabbatique durant laquelle il avait voyagé et refusé toutes les propositions, il avait remplacé Cristina Ortiz à la direction artistique de Lanvin, assisté d'Elie Top, l'ancien assistant d'Yves Saint Laurent. Il avait "réveillé" la maison avec succès en multipliant le chiffre d'affaires par deux, ainsi que le nombre de points de vente. "Les femmes sont plus indépendantes, elles osent davantage. Elles ne dépendent pas de leur mari qui leur donne un chèque pour s'acheter une robe. Elles ne dépendent pas non plus d'un styliste (...) Un vêtement doit les accompagner. Elles ont envie de bouger avec, de vivre avec. Le mouvement est essentiel pour moi, c'est la vie", déclarait-il lors d'une interview au magazine L'Express en 2008.

La Poste, H&M et Minnie

En 2010, Alber Elbaz avait dessiné pour Lanvin et La Poste deux timbres-poste de Saint-Valentin, puis réalisé la même année une collection capsule pour les magasins H&M. En 2013, il avait créé une nouvelle robe pour Minnie, à l’occasion du 20e anniversaire de Disneyland Paris. En septembre 2015, il avait été le curateur une exposition au sein de la Maison européenne de la photographie rassemblant trois cents photographies sur sa collaboration avec Lanvin. L’exposition est devenue un véritable manifeste sur le rapport entre création et corps.

Il avait été remercié par la maison Lanvin à la suite d'un différend avec la directrice taïwanaise Shaw-Lan Wang. Cette éviction avait suscité les protestations formelles des salariés de l'entreprise et de nombreuses marques de soutien au sein de l'industrie. Alber Elbaz s'était retourné d'ailleurs contre la marque, dès son départ entériné.

Le styliste a confié avoir connu "le vide et la dépression" et s'être interrogé sur sa place dans un milieu, soucieux de séduire la génération Z (entre 11 et 24 ans).

Sa propre marque de mode, AZ Factory 

Le créateur s'était associé en 2019 au groupe de luxe suisse Richemont dans le but de créer sa propre marque, AZ Factory. A pour la première lettre de son prénom, Z pour la dernière de son patronyme. Une griffe qu'il voulait "fonctionnelle et qui convient à tout le monde", une mode pour tous les corps, âges et tailles, du XXS au 4XL, à partir de 210 euros. Avec en vedette des petites robes noires "anatomiques", qui embrassent le corps et le sculptent. Côté accessoire, les baskets à bout pointu, embellissant la jambe comme des escarpins. 

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Cette première collection a été présentée en janvier 2021 pendant la semaine de la haute couture parisienne printemps-été 2021. 

"C'est un nouveau départ. Une marque de luxe digitale basée sur l'innovation et la technologie, mais avant tout, un lieu où faire des expériences et essayer de nouvelles idées", avait-il déclaré lors du lancement de sa marque.

Un nouveau départ qui tourne court et qui laisse un monde en deuil, quelques mois après le décès de Kenzo, mort du Covid-19.

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