Retour sur la semaine parisienne de la haute couture printemps-été 2021 en cinq vidéos coups de coeur

28 maisons ont présenté à Paris, du 25 au 28 janvier 2021, leur collection haute couture printemps-été 2021, en format uniquement numérique. Retour sur cinq vidéos coups de coeur pour prolonger le plaisir de cette semaine de la mode.

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France Télévisions Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 6 min.
On Aura Tout Vu couture printemps-été 2021, à Paris, en janvier 2021 (VIRGINIE DUBOIS)

Suite à la pandémie de la Covid-19, les maisons ont dû s’organiser pour offrir une vision de leur collection, sous forme de vidéos et de courts métrages, disponibles sur une plate-forme digitale dédiée. La diffusion des vidéos sur une plateforme représentant le calendrier officiel est "un facteur de résonance très conséquent. Les créateurs de mode et les directeurs artistiques ont, par ailleurs, davantage intégré les potentialités du digital et étendu ainsi leurs collaborations avec les cinéastes, les vidéastes et les acteurs de la scène créative digitale" a expliqué le président exécutif de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode. Pascal Morand pense que "cette créativité augmentée va définitivement perdurer lorsque l’on reviendra au physique. La scénographie physique sera ainsi étoffée par une scénographie numérique."

Voici avec les shows créatifs des couturiers Franck Sorbier, Viktor&Rolf, Christophe Josse, AZ Factory et On Aura Tout Vu nos cinq vidéos coups de coeur. 

Franck Sorbier inspiré par l'imaginaire de la sculptrice Catherine Wilkening

Le film Muse en Scène de la maison Franck Sorbier raconte un huis clos artistique tourné dans l'atelier parisien de la sculptrice Catherine Wilkening où ses oeuvres - dont certaines sont parées d'or et de porcelaine - et les pièces haute couture se côtoient. C’est, aussi, un hymne à toutes les femmes artistes qui se sont affranchies au XXe siècle. Quand Franck Sorbier propose à Catherine Wilkening d’être sa muse pour leur collection printemps-été 2021 - et que c'est dans son atelier qu'il désire filmer sa collection au milieu de ses sculptures -, l'artiste est enthousiaste : "C’est vrai que nos univers dialoguent et se rejoignent … Et Frank semble aimer sculpter le tissu comme j’aime le faire avec la terre. Le plaisir du toucher, la sensualité de la matière, la délicatesse d’une soie, d’une dentelle, de la porcelaine". Initiée par sa grand-mère couturière, elle a toujours été "séduite par la beauté d’un vêtement, l’originalité d’une coupe, la richesse des textures, la minutie du travail de l’aiguille" explique-t-elle.

Un esprit lingerie se dégage d’une partie des tenues présentées dans cette vidéo principalement tournée en noir et le blanc, la dentelle et la broderie jouant ici un rôle-clé. Le masculin féminin apparaît aussi dans plusieurs scènes : le pantalon fuselé à plis repassés et le large pantalon masculin à pinces complètent la tenue de travail, la silhouette végétale ou encore le style académicien. 

Victor&Rolf : une furieuse envie de faire la fête

Viktor&Rolf a imaginé Couture Rave, un spectacle inspiré par les fêtes passées et celles à venir. En attendant cet avenir festif, le duo propose une évasion féerique le temps d'un show dans une ancienne usine de munitions près d'Amsterdam. C'est une fête underground un rien irrévérencieuse mais toujours élégante.

Comme lors des collections précédentes, l’upcycling est à l’honneur : en janvier 2020, ayant presque épuisé leur stock d’archives de tissus utilisés lors de leurs précédents défilés - remontant souvent à 20 à 25 ans -, le duo avait alors utilisé leurs archives d'échantillons de tissus. Ils poursuivent, cette saison encore, ce principe de la récupération avec l’utilisation de documents d’archives, de minuscules pièces de dentelles, de jacquards anciens et de fragments de robes vintage issues de leurs collections ou d'autres chinées... On note deux silhouettes : d'un côté des jupes volumineuses avec des hauts sexy et de l'autre des robes larges et amples de différentes longueurs. Les premiers modèles, plus sexy, sont composés de jupes extravagantes (volants dégradés sportifs, volants et tulles volumineux) qui accentuent la taille et attirent l'attention sur la partie supérieure du corps - hauts moulants, hauts de soutien-gorge découverts brodés de métal, de dentelle, de cristaux et de bijoux. Les secondes silhouettes, des robes amples, droites, chauve-souris ou trapèze, sont assemblées à partir de sweat-shirts vintage. Découpées et reconstituées, elles sont agrémentées d'un mélange disparate de matériaux et de techniques : certains vêtements sont confectionnés à partir de bijoux vintage et d'épingles en strass. Tous les looks sont portés avec des chaussures issus de la collaboration Melissa / Viktor&Rolf : elles sont en plastique recyclé aux couleurs vives de bonbon, avec des lacets montants à semelles épaisses. 
 

Christophe Josse : l'invitation aux voyages

Christophe Josse invite à vagabonder sur les chemins de traverse de son imaginaire. Il nous emporte, dans une collection - magnifiée par la virtuosité des savoir-faire d’artisanats d’exception - vers un monde où règne l’épure, la fluidité contenue et le mélange des matières.

Son film Aurores Vagabondes a été tourné dans les ateliers de céramiques de Sèvres. Blanc, beige, gris, ébène : il raconte sa haute couture avec des vêtements d'allure rustique et d'inspirations ethniques : aux graphismes d’Europe centrale des broderies d’une blouse roumaine frangée répond le scintillement des broderies striées d’étoiles d’une ample robe en gazar rose des sables, évoquant le Maroc.  Aux boutons en verre soufflé, au doux reflet de bronze qu’ornent un duffle-coat soulignés de Brandebourg cordés, répondent les cabochons de verre moiré sertissant des sandales de corde gainées d’or tandis que des boucles d'oreilles massives évoquent les bijoux africains. Un pantalon en lin, posé sur une doublure d'organza pour obtenir des volumes, est orné de broderies norvégiennes. Le tout se porte avec des sandales plates pour une allure délicate au lever d'"un jour nouveau avec ses errements, ses voyages multiples et fantasmés" indique le couturier.

AZ Factory pour Alber Elbaz : une couture accessible

Derrière le nom AZ Factory se cache la nouvelle marque d’Alber Elbaz. A pour la première lettre de son prénom, Z pour la dernière de son patronyme (ndlr, peut-être un clin d'oeil à son envie de tout recommencer de A à Z). Elle est née d’un partenariat entre le couturier et le géant du luxe suisse Richemont. L'entreprise est construite autour d'idées "fondamentales de respect, de confiance et d'amour" et "la création de moments intimes et spéciaux pour les consommateurs" partagés par le biais du programme d'adhésion Alber & Amigos proposé sur le site de la marque.

La collection comprend plusieurs thèmes avec l'obsession de produire une mode qui va aller à tous les corps et à tous les âges, à des prix pour tous, d'où plusieurs thèmes. Avec MyBody, Alber Elbaz repense une pièce emblématique : la petite robe noire. Robes, hauts et leggings MyBody sont fabriqués avec AnatoKnit, un tricot qui façonne la silhouette tout en apportant soutien et confort. Le second thème Switchwear permet une transformation rapide du look, passant des vêtements de loisirs aux looks plus glamour, avec des combinaisons, des sweats à capuche, des pyjamas et des accessoires fabriqués à partir de fil recyclé. Le dernier thème SuperTech-SuperChic fait passer la haute technologie à la haute couture avec des tissus en microfibres de nylon éco-teints - traditionnellement utilisés dans les vêtements de sport - qui se transforment en pièces de mode. 

On Aura Tout Vu : une note d'espoir avec la robe vaccin

Si pendant la Paris Fashion Week masculine des créateurs n'ont pas hésité dans leurs vidéos à faire des références à la pandémie (masques, distanciations sociales), rares cependant ont été les maisons de couture à se pencher sur le thème d'actualité que constitue le vaccin. Alors que la lutte contre la pandémie de la Covid-19 n'est pas encore gagnée "avec un vaccin en vue, il y a au moins une lumière au bout du tunnel ainsi que de l'espoir" estime la maison de couture On Aura Tout Vu, toujours soucieuse des questions sociétales. C’est de cette lumière qu'est née l’inspiration du bouillonnant duo composé de Livia Stoianova et Yassen Samouilov, qui loin de l'imagerie convenue, ont recentré leur création sur un seul modèle intitulé Renaître. Les créateurs, fidèles à leur ADN éclectique, proposent avec leur robe vaccin une bouffée d'oxygène pour injecter un peu de lumière dans notre vie. 

Cette création printemps-été 2021, porteuse d’un fort message d’espoir, est le seul modèle présenté, de façon digitale, par la maison. C'est un bustier corseté en satin de soie et perles nacrées rehaussé de 100 seringues, remplies d'un vaccin cristal et perles, dont l’extrémité de chacune se termine par une aiguille dont la pointe se pare d’une perle en forme de goutte. La mannequin porte également un masque transparent, rebrodé de perles, qui couvre l'ensemble du visage.

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