Chanel : Virginie Viard, bras droit de Lagerfeld, lui succède à la création

Le public ne connaît pas Virginie Viard, pourtant c'est elle la directrice du studio de création de la maison qui a salué le public en janvier 2019 lors du show haute couture printemps-été 2019 où Karl Lagerfeld, fatigué, n'était pas apparu. Chose qu'il n'avait jamais manqué de faire depuis ses débuts chez Chanel en 1983 !

Virginie Viard au côté de Karl lagerfeld, en octobre 2018
Virginie Viard au côté de Karl lagerfeld, en octobre 2018 (Bertrand GUAY / AFP)
"C'est à Virginie Viard, directrice du Studio de création mode de Chanel et la plus proche collaboratrice de Karl Lagerfeld depuis plus de 30 ans qu'Alain Wertheimer (copropriétaire de Chanel) a confié le soin d'assurer la création des collections pour continuer de faire vivre l'héritage de Gabrielle Chanel et de Karl Lagerfeld", a indiqué la maison Chanel dans un communiqué.

Pour ces défilés, Karl Lagerfeld pouvait compter sur son bras droit qui supervisait les collections. Depuis quelques saisons, elle venait saluer au final des shows Chanel. De cette fidèle collaboratrice qui travaillait à ses côtés depuis plus de trente ans, Karl Lagerfeld disait en 2018 : "Sans Virginie, le défilé n'existerait pas. Elle est derrière toutes les collections (...). Elle est l'une des personnes essentielles chez Chanel avec Bruno (Pavlovsky, président des activités mode de Chanel) et Éric (Pfrunder, directeur de l'image)".

Désormais c'est à Virginie Viard qu'il incombe de poursuivre le travail entamé il y a 36 ans par le couturier allemand. 

Karl Lagerfeld "dans son époque"

L'empreinte que Karl Lagerfeld laisse dans la mode se définit moins par un style particulier que par sa capacité à se renouveler et à capter l'air du temps. Le couturier n'a cessé de bousculer les codes de la maison disant, avec malice, que Gabrielle Chanel "aurait détesté" son travail.

Quand il est arrivé chez Chanel en 1983, la marque était endormie. "Tout le monde me disait mais ne touchez pas à ça, c'est mort, c'est fini! et c'est ça qui m'a amusé. C'était comme un challenge, et ça a marché, cent fois mieux que je ne le pensais", disait-il.

Le tailleur, le tweed, le camélia, les perles, les chaînes dorées... S'il reprend des éléments constitutifs de l'identité de Chanel, il n'hésite pas à les adapter à l'époque pour rajeunir la marque. "Il a été le premier à mettre à plat tous les codes d'une maison et à s'en servir", indique l'historienne de la mode Catherine Örmen. "C'est un état d'esprit plus qu'un style", commente-t-elle. Qui évolue en permanence. "Dans les années 80, ses silhouettes vont avoir des épaules surdimensionnées, dans les années 90 elles vont être très skinny. Il est dans son époque, il colle à son temps". En 2014, il présente une robe haute couture avec des broderies de béton, et un tailleur réalisé en 3D en 2015.

"Karl était insatiable, toujours curieux, empruntant à des domaines différents, notamment la rue, ou encore l'univers de la moto, du surf", rappelle la britannique Emma Baxter-Wright, auteur du "Petit livre de Chanel", saluant l'"insolence" du créateur.