La dernière campagne publicitaire de Dior avec Johnny Depp accusée de racisme

La vidéo faisant la promotion du parfum "The New Sauvage" a été taxée de "raciste et profondément offensante" et a depuis été retirée de YouTube. 

Johnny Depp à Tokyo (Japon), le 20 juin 2017. 
Johnny Depp à Tokyo (Japon), le 20 juin 2017.  (SHIZUO KAMBAYASHI / SIPA)

Dior se retrouve au cœur d'une vive polémique après la diffusion de sa nouvelle campagne pour son célèbre parfum "The New Sauvage". Partagée sur les réseaux sociaux vendredi 30 août, la vidéo mettant en scène l'acteur Johnny Depp a rapidement été qualifiée de raciste et a depuis été retirée de YouTube et du compte Twitter de la marque de luxe. 

Plusieurs versions du spot ont été diffusées. L'une d'elles dure un peu plus d'une minute : on y voit Johnny Deep en train de jouer de la guitare dans un paysage désertique de l'Utah (Etats-Unis), alors qu'un Amérindien danse en tenue traditionnelle. "Nous sommes la terre", dit l'acteur en voix off. S'affiche ensuite le nom de la fragrance : "The New Sauvage", soit "Le nouveau sauvage". 

Une campagne très "coloniale" 

Si certains internautes se sont enthousiasmés pour cette campagne, de nombreux autres ont fait part de leur indignation, critiquant une forme d'appropriation culturelle. Une campagne très "coloniale'" dit l'un, "Dior collabore avec Johnny Depp pour faire un parfum et l'appelle "sauvage" pour honorer qui ? Les peuples indigènes ??" interroge un autre. 

"C'est profondément offensant et raciste", a réagi Crystal Echo Hawk, directrice d'une association de défense des Amérindiens. "Je ne sais pas comment quelqu'un en 2019 peut penser qu'une campagne comme celle-ci peut bien se passer", a-t-il ajouté. 

Comme si Dior avait anticipé la polémique, la marque avait mis en ligne sur YouTube une vidéo des coulisses du spot (retirée depuis), expliquant que la marque souhaitait écrire "une lettre à l'esprit d'une terre à protéger, des cultures qui devraient être célébrées, et une population à honorer". Dior avait également collaboré avec des consultants de "l'Indigenous advocacy organization" pour que les valeurs indigènes soit respectées. Manifestement, ces précautions n'ont pas suffi.